Revue de presse internationale

À la Une: sommet Biden-Poutine, attentes et résultats limités

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Le président Joe Biden rencontre le président russe Vladimir Poutine, mercredi 16 juin 2021, à Genève, en Suisse.
Le président Joe Biden rencontre le président russe Vladimir Poutine, mercredi 16 juin 2021, à Genève, en Suisse. AP - Patrick Semansky

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Une photo est en première page de la plupart des journaux.  C’est évidemment celle de la poignée de main ou au moins de la rencontre entre Vladimir Poutine et Joe Biden hier à Genève. Le président russe et son homologue américain se sont parlés pendant trois heures, un peu moins que prévu, sur les bords du lac Léman. Un peu comme si les deux hommes n’avaient pas plus à se dire que ce qu’ils avaient prévu.

En fait, nous explique le New York Times, aucune grande décision n’a été annoncée au cours des deux conférences de presse séparées qui ont suivi cette rencontre. Tout juste a-t-il été décidé que les deux ambassadeurs russe et américain, rappelés depuis des mois, reprendraient leurs postes. Les deux hommes se sont également mis d’accord pour laisser des experts discuter des questions stratégiques et des cyberattaques. 

Pour le Washington Post, ces maigres résultats sont plutôt positifs, et s’ils sont vus comme cela, c’est que les attentes étaient faibles, voire pessimistes. Au contraire, peut-on lire dans le New York Times, ce qu’il reste à la fin, c’est une forme d’optimisme têtu de Joe Biden, malgré les constats de désaccord sur de nombreux sujets. Vladimir Poutine a fait du Vladimir Poutine en niant les accusations de cyberattaques des hackers russes vers les États-Unis et en affirmant que la situation des droits humains est pire aux États-Unis qu’en Russie, prenant en exemple les poursuites contre les émeutiers du 6 janvier dernier au Capitole.

Ce sommet est très commenté en dehors des deux pays concernés

Le Global Times, organe de communication du Parti communiste chinois, expliquait depuis plusieurs jours que les États-Unis voulaient faire baisser la tension avec la Russie pour se consacrer à leur duel ou leur rivalité avec la Chine. Mais dans son éditorial du jour, le Global Times explique qu’il pourrait y avoir une stabilisation pendant une courte période, mais que si les États-Unis ne changent pas leur attitude envers la Russie et s’ils continuent d’exiger que la Russie se conforme aux règles post guerre froide édictées par l’ouest, alors il y aura encore des hauts et des bas. 

Le Guardian explique que Joe Biden n’a pas dit autre chose, expliquant qu’il se préoccupe surtout des intérêts américains. Son homologue russe expliquant pour sa part que même s’il n’y avait pas d’hostilité, il s’agit d’une relation avant tout pragmatique. 

Autre sujet qui préoccupe toujours la presse internationale, la pandémie de Covid-19

Et notamment en Asie. Le Japan Times s’inquiète. Et publie un long article pour expliquer les pays d’Asie, champions de la lutte contre la pandémie, sont encore très loin de la ligne d’arrivée. Ces pays, de la Chine à la Nouvelle-Zélande, cités en exemple dans leur contrôle de la propagation du virus depuis plusieurs mois, commencent à voir l’Amérique, qui a vu la mort de 600 000 personnes, remplir des stades de personnes vaccinées alors que les restrictions sont toujours en cours chez eux. Le Japon attend avec inquiétude les Jeux olympiques qui vont commencer à la fin du mois de juillet.

La Chine a dû refermer certaines villes en raison de la diffusion du variant delta. Idem en Australie où les restrictions sont toujours en cours. Et la tolérance à ces restrictions commence à se réduire après un an et demi, au moins dans les démocraties. Pour le dire simplement, les gens en ont assez et ils ne voient pas l’horizon se dégager. Le point commun de nombreux pays d’Asie et d’Océanie, c’est que des centaines de millions de personnes attendent encore d’être vaccinées et que les campagnes commencent à peine. Le Japan Times souligne par exemple que le Japon commence tout juste à vacciner les moins de 65 ans. 

En Chine, plus de 900 millions de doses des vaccins locaux ont été administrées. Mais à Hong Kong, le South China Morning Post publie une série d’articles sur les plans de la Chine pour rouvrir ses frontières, fermées depuis plus d’un an et demi. Le pays se demande si sa stratégie de tolérance zéro va pouvoir continuer avec la même efficacité qui a fait la fierté du pays. 

Une autre fierté chinoise, c’est le programme spatial 

Alors que le Français Thomas Pesquet effectuait hier la première sortie extra-véhiculaire de sa mission dans la Station spatiale internationale, trois astronautes chinois ont été envoyés dans l’espace par une fusée Longue Marche pour rejoindre la station spatiale chinoise pendant trois mois. Il s’agit du premier vol habité chinois depuis cinq ans, et le Global Times donne tous les détails, avec la vidéo du lancement effectué dans le désert de Gobi et la description complète de la mission.

Le Guardian explique cette médiatisation par le prestige énorme de l’événement, quelques jours avant le centième anniversaire du parti communiste chinois. Les autorités affichent donc une grande confiance selon le journal britannique, qui souligne que la durée de vie attendue de la station spatiale chinoise, 10 ans, pourrait bien excéder celle de l’ISS, prévue pour durer jusqu’en 2024 ou au mieux 2028.

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