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biodiversité

L’abeille noire s’est refait une santé en Bretagne

Abeille noire
Abeille noire Photo : Emmanuel Boutet
Texte par : Dominique Raizon
4 mn

L’abeille noire, une mouche à miel qui butine de fleur en fleur avait presque disparu en France. Elle semble s’être reconstituée sur l'île d'Ouessant, fragile écrin de verdure préservé des pollutions et des pesticides, au large du Finistère, à la pointe de la Bretagne (France, ouest).

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A Ouessant, l'Apis mellifera mellifera a trouvé un refuge. C'est en 1978 que les deux premières ruches sont installées par Georges Hellequin, un amateur passionné. Cet apiculteur a prélevé des spécimens sauvages d'Apis mellifera mellifera, surtout dans les monts d'Arré en centre Bretagne en vue de leur préservation. L’espèce a repeuplé une grande partie de la Bretagne, sa région d'origine.

Le miel de l’abeille noire à une saveur complexe et subtile, légèrement mentholée, l'hyménoptère est plus travailleuse et souvent moins agressive, elle est aussi mieux adaptée au climat tempéré. Pourtant, les apiculteurs lui ont longtemps préféré l'exotique abeille jaune, un choix qui a bien failli faire disparaître l'espèce autochtone présente sur le continent depuis un million d'années.

L'industrieuse abeille noire ...

Très poilue, d’où une couleur sombre qui lui a valu d’être distinguée « abeille noire » pour la différencier de l’abeille jaune, celle-ci « a le principal défaut d'être trop performante », explique Jean-Luc Hascoët, l'apiculteur du rucher d'Ouessant qui veille sur les quelque 150 ruches du conservatoire de l'abeille noire bretonne d'Ouessant.

« Elle sort plus tôt le matin et rentre plus tard le soir. Mais surtout, elle fait tout le travail en deux mois alors que l’abeille jaune démarre doucement au printemps et achève la miellée à la fin de l'automne –ce qui déroute les apiculteurs au début », explique Jean-Luc Hascoët, salarié du conservatoire. D’ailleurs, souligne-t-il : « Nos abeilles servent de base zéro pour toutes sortes d'études ». Régulièrement, des centaines de reines élevées au conservatoire et jusqu'à 500 ruchettes par an sont expédiées à des laboratoires, des particuliers et des professionnels en France et en Europe.

La pureté à 100% de la variété a été établie ...

Ainsi, le CNRS a mené des recherches sur l'ADN de l'abeille d'Ouessant : la pureté à 100% de la variété a été établie, couronnant ainsi le travail de sélection du conservatoire associatif créé en 1989, alors que le parasite varroa ou "vampire de l'abeille" décimait des colonies entières sur le continent.

Les abeilles noires n'échappent pas à l'hécatombe qui a frappé les ruchers ces quatre dernières années. Les apiculteurs d'Europe et d'Amérique ont perdu de 30 à 80% de leurs ruchers sans que la cause de ces disparitions ne soit clairement identifiée. Selon Jean-Luc Hascoët, nul doute : les principaux responsables de cette disparition massive des abeilles continentales restent les produits phytosanitaires et autres insecticides abondamment répandus sur les cultures intensives.

A Ouessant, l'abeille noire y butine des fleurs comme l'armerie, la scille de printemps, le silène maritime, la jasione du littoral, la criste marine et puis, particulièrement, la bruyère.

Pour en savoir plus :

Lire sur le site d'espace-sciences : À l'écart de l'hécatombe, un village d'irréductibles hyménoptères résiste aux invasions

Contacter l'Association pour la conservation et le développement de l'abeille noire bretonne - Rucher - conservatoire, tél. : 02 98 73 20 35

Association Nationale des Eleveurs de Reines et des Centres d'Elevages Apicoles

Voir galerie photos sur le site de Futura-science

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