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Archéozoologues: des enquêteurs du passé qui 'interrogent' les ossements d’animaux

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Texte par : Michèle Diaz
4 mn

La 11e édition du Congrès international d’archéozoologie qui s’est tenue la dernière semaine d’août s’est terminée après avoir remporté un franc succès. Pas moins de sept cents scientifiques du monde entier se sont retrouvés au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris afin de promouvoir cette jeune discipline qui étudie les restes des animaux pour comprendre l’interaction entre les hommes et les animaux au fil des siècles. A l’occasion de cette réunion internationale, les réserves de spécimens interdites au grand public ont pu être exceptionnellement visitées.

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Répartie sur 3 étages, la zoothèque implantée dans les sous-sols de la Grande galerie de l’évolution du Jardin des plantes renferme quelque 8 millions de spécimens d’animaux. Des spécimens à observer, mais à ne pas toucher, « à la fois pour des raisons de conservation bien évidemment, expliquait l’archéozoologue Cécile Callou, maître de Conférence au Muséum , mais également pour des raisons de sécurité car, jusque dans années 1970-1980, on traitait les peaux au savon arsenical et les petits points blancs sur certains spécimens ne sont autres que des résurgences d’arsenic ».

Ces réserves du Muséum sont extrêmement riches : « Je suis post-doctorant à l’université de Bordeaux et je travaille en archéozoologie sur les petits gibiers du paléolithique moyen jusqu’à la fin du paléolithique supérieur », a expliqué Jean-Baptiste Mali, ajoutant avec enthousiasme : « c’est extraordinaire parce que on est à la fois face à un patrimoine culturel et une base de données de travail considérable. En France, je ne connais pas d’autre endroit où l’on ait une telle accumulation d’exemplaires mis à notre disposition pour faire de la recherche ».

Collections riches, progrès techniques et avancées considérables ...

Des salles de travail et d’études -indépendantes des salles de collections proprement dites- sont équipées de microscopes, de matériel de pointe, et de scanners pour effectuer des radiographies. Pointant des bidons, Cécile Callou a précisé : « Là, ce sont des échinodermes qui correspondent à un retour de mission et le chercheur qui travaille sur ces collections est en train de faire le tri et de procéder à l’identification dans la salle latérale ».

L’archéozoologie est un champ de l’archéologie assez récent âgé de 30 à 50 ans, qui étudie l'histoire et l'évolution des espèces animales ou végétales fossiles. Et, ces dernières années, des progrès techniques ont permis des avancées considérables pour « faire parler » les ossements animaux, trouvés dans les sites archéologiques.

Cécile Callou a expliqué comment le tout constituait une mine d’informations indispensables pour comparer les restes trouvés avec ceux déjà connus et répertoriés : « Je travaille par exemple en Egypte. Nous trouvons trouve des ossements. Nous avons besoin de les identifier. Or, s’il existe des échantillons de collections en Egypte, c’est finalement, très peu alors qu’ici nous disposons ici de nombreux squelettes d’animaux provenant de l’expédition de Napoléon en Egypte. Nous pouvons donc tout à fait comparer les spécimens récemment trouvés dans des fouilles archéologiques avec ces spécimens historiques pour définir de quelle espèce il s’agit, pour comprendre si les animaux vivaient dans la même zone etc … et répondre à beaucoup de questions », a précisé la chercheure, spécialiste de cette discipline scientifique qui vise à reconstituer l'histoire des relations naturelles et culturelles entre l'homme et l'animal.

Pour en savoir plus :

Lire

Bonaparte dote l'Egypte d'une académie savante, par D.Raizon, RFI

Bonaparte, stratège politique du savoir, par D.Raizon, RFI

Consulter les sites

- du Muséum national d’Histoire naturelle / L’inventaire national du patrimoine naturel (INPN)

- du CNRS

- de Archéozoo / principaux laboratoires français

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