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Science

Découverte d'une nouvelle sous-espèce du moustique vecteur du paludisme

Un «Anopheles gambiae» - une des espèces d'anopheles - vecteur du parasite responsable du paludisme.
Un «Anopheles gambiae» - une des espèces d'anopheles - vecteur du parasite responsable du paludisme. James Gathany/
Texte par : Valérie Cohen
5 mn

Des chercheurs ont découvert une nouvelle sous-espèce du moustique vecteur du paludisme. Ces insectes seraient plus sensibles au parasite que les autres groupes connus et pourraient donc être fortement impliqués dans la transmission de la maladie, selon les travaux de ces scientifiques publiés dans la revue américaine Science. Une découverte importante dans la lutte contre le paludisme, responsable de la mort d’environ 800 000 personnes chaque année, principalement en Afrique.

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Ce type de moustique constitue une sous-espèce de l’Anopheles gambiae, qui est le principal vecteur du paludisme. Mais il en est génétiquement distinct. Son existence a été mise au jour lors d’une vaste étude menée au Burkina Faso par des chercheurs d’une unité de l’Institut Pasteur / CNRS, du Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (Ouagadougou), associés à des scientifiques américains de l’université du Minnesota et de Harvard. Ils voulaient étudier les gènes de sensibilité au parasite du paludisme chez l’Anopheles gambiae. Et pour cela, ils ont pris le parti de collecter des populations de moustiques de façon très large, à l’intérieur comme à l’extérieur des habitations, sur une bande de plus de 400 kilomètres à travers le pays.

Pr Ken Vernick, chercheur au département de parasitologie à l’Institut Pasteur

Les collectes de larves ont été faites à partir de flaques d’eau situées près des maisons. Or, jusqu’à présent, les prélèvements pour ce genre d’études n’étaient réalisés qu’à l’intérieur des habitations, l’hypothèse étant que les hommes se font surtout piquer la nuit chez eux. Les chercheurs ont donc pris le contre-pied de cette hypothèse. Bien leur en pris. « Nous avons identifié deux groupes chez les moustiques prélevés à l’extérieur dans les flaques d’eau, indique Kenneth Vernick, chef de l’unité de génétique et génomique des insectes vecteurs à l’Institut Pasteur. Il y a ceux qui sont génétiquement identiques aux moustiques collectés à l’intérieur des maisons ; et nous avons détecté un autre groupe, qui est en fait majoritaire, et qui lui ne se repose jamais à l’intérieur des maisons ».

Des insectes exophiles

Baptisés Anopheles gambiae Goundry, du nom d’un village où ces insectes ont été retrouvés, ces insectes sont exophiles, c’est-à-dire qu’ils piquent et vivent dehors, ou bien qu’ils piquent à l’intérieur des maisons mais en ressortent ensuite pour se reposer.

Les chercheurs ont élevé en laboratoire des générations de ce Goundry et découvert qu’il était nettement plus sensible au parasite Plasmodium falciparum que les espèces d’intérieur connues.

Selon les auteurs, cette découverte pourrait expliquer en partie pourquoi les mesures de lutte actuelles, dirigées seulement vers les moustiques de l’intérieur, ne sont pas totalement efficaces. Par conséquent, il faudrait inclure la lutte contre cet autre type de moustiques dans les stratégies anti-vectorielles. Mais cela n’est pas simple : « les flaques d’eau, dans lesquelles se développent les moustiques, sont dispersées autour des villages, et elles sont temporaires, elles peuvent changer de place à la faveur des pluies », rappelle Kenneth Vernick. Les chercheurs doivent donc désormais inventer de nouvelles armes pour piéger ces ennemis de l’extérieur.

CDC

La carte du paludisme en Afrique

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