Pollution nucléaire

Fukushima : le niveau de radioactivité a fortement augmenté en mer

Début avril 2011, Tepco, l'opérateur de la centrale Fukushima Daiichi, a rejeté en mer des milliers de tonnes d'eau radioactive qui s'étaient  accumulées dans les installations accidentées.
Début avril 2011, Tepco, l'opérateur de la centrale Fukushima Daiichi, a rejeté en mer des milliers de tonnes d'eau radioactive qui s'étaient accumulées dans les installations accidentées. Reuters/ Tepco

Au large de la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est), accidentée après le tsunami du 11 mars dernier, le niveau des substances radioactives a fortement augmenté en mer à une quinzaine de kilomètres. L'opérateur n'a pas précisé si les niveaux actuels sont considérés comme dangereux.

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Didier Champion, directeur de l’environnement et de l’intervention à l’IRSN

Des échantillons collectés dans le lit marin à une profondeur comprise entre 20 et 30 mètres, à 15 kilomètres de la centrale et à 3 km de la côte, contiennent 1.400 becquerels de césium 137 par kilogramme, selon l'opérateur Tepco Electric Power (Tepco), un chiffre 600 fois supérieur au niveau maximum de 2,3 becquerels trouvé jusqu'à présent au large de la côte nord-est où se trouve implantée la centrale nucléaire accidentée. Des échantillons prélevés à un autre endroit, à 20 km de la centrale, montrent des niveaux tout aussi élevés.

« Nous ne pouvons rien dire après ces analyses » ...

Pour autant, les autorités déclarent : « Nous ne pouvons rien dire après ces analyses. Nous allons effectuer d'autres prélèvements et continuer à surveiller », a ajouté la porte-parole.

Les échantillons prélevés vendredi dernier contenaient également 1.300 becquerels de cesium 134 et 190 becquerels d'iode 131, selon les mêmes sources mais la présence de cesium 137 et 134 était trop faible jusqu'à présent pour être mesurée.

De son côté, l'Organisation écologique Greenpeace a entamé le 3 mai 2011 des mesures sur la qualité de l'eau au large de Fukushima. Ces premiers tests, menés au sud de la centrale, visent à mesurer le niveau de contamination de la faune et la flore marine et l'impact possible sur la chaîne alimentaire.

Début avril, quelque 520 tonnes d'eau très contaminée se sont écoulées dans la mer via une brèche, colmatée depuis, dans une fosse technique de la centrale Fukushima Daiichi (N°1), située au bord de l'océan Pacifique, à environ 250 km au nord-est de Tokyo.

A peu près au même moment, l'opérateur de la centrale, Tepco, a rejeté en mer des milliers de tonnes d'eau faiblement radioactive qui s'étaient accumulées dans les installations accidentées de Fukushima Daiichi.

Pour mesurer l’exposition d’une personne aux rayonnements radioactifs, on utilise le sievert comme unité :
Limite réglementaire : 1 millisievert (mSv) par an par personne.
- Le risque de développer un cancer est proportionnel à la dose reçue et apparaît pour une exposition supérieure à 100 mSv et augmente de 5,5% par sievert
- Selon les données de l’IRSN, les centrales japonaises auraient dégagé 1mSv par heure aux abords immédiats de la centrale, avant de décroître ; ce qui signifie en d’autres termes que les personnes exposées ont donc reçu en une heure l’équivalent de ce qu’elles auraient dû recevoir en un an.

Pour en savoir plus :

Lire aussi dans la revue Le point, l'article en ligne : La méthode d'Areva pour décontaminer l'eau de Fukushima

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