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Etats-Unis / Terrorisme / 11-Septembre

Dix ans de lutte pour les malades oubliés du 11-Septembre

Un groupe escorté par un pompier est éloigné du World Trade Center à New York, le 11 septembre 2001.
Un groupe escorté par un pompier est éloigné du World Trade Center à New York, le 11 septembre 2001. Shannon Stapleton
Texte par : Guisane Humeau
4 mn

Ils sont des dizaines de milliers de bénévoles à avoir participé aux opérations de sauvetage et aux immenses travaux de déblaiement qui ont suivi la tragédie du 11 septembre 2001. Exposés aux fumées et poussières toxiques, beaucoup d'entre eux en garderont les séquelles toute leur vie. Le gouvernement américain, mal à l’aise, a tardé à mesurer l’ampleur de la situation, mais les malades étaient bien décidés à se faire entendre.

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11 septembre 2001, les tours jumelles du World Trade Center s’effondrent, un immense nuage de fumée et de poussière rempli de particules de verre, de béton, d’amiante, de silice, de mercure et de plomb recouvre le sud de Manhattan. Des dizaines de milliers de pompiers, sauveteurs et ouvriers qui travaillent sur le site inhalent ces poussières toxiques. Tous sont pressés par l’urgence. Personne alors ne pense aux risques que pourraient présenter ces substances pour la santé.

Aujourd’hui, ils sont très nombreux à souffrir de graves troubles respiratoires. Ils seraient aussi plus susceptibles de développer des cancers. Mais ceux que l’on considérait comme les héros du 11-Septembre ont dû attendre longtemps avant de se sentir réellement pris en compte.

La toux du World Trade Center

Pourtant dès 2002, le directeur médical des pompiers de New York, le Dr. David Prezant donnait le nom de « World Trade Center cough syndrome» (la toux du World Trade Center) aux symptômes observés chez les patients exposés.

Dix ans après - Notre dossier spécial

De nombreuses études ont suivi, dont celle significative menée par le Mount Sinai Medical Center. Publiée en septembre 2006, elle balayait les derniers doutes concernant l’impact nocif sur la santé des poussières et fumées qui ont plané sur Ground Zero. Sur les 10 000 patients traités ayant participé aux actions de sauvetage, 70% souffraient de troubles respiratoires (sinusites, asthme, etc.) et de problèmes gastro-intestinaux liés à ces pathologies. L’inquiétude était d’autant plus grande que 40% de ces patients n’avaient à l’époque pas de couverture maladie et ne pouvaient pas avoir accès à un traitement médical adapté.

Ces résultats ont été confirmés après la publication d'une étude menée entre 2001 et 2008 auprès de 13 000 pompiers et membres du personnel d’urgence. Elle observait une nette augmentation entre 2001 et 2008 de la proportion, parmi les non-fumeurs ayant participé aux secours, de personnes souffrant de troubles respiratoires.

Un long chemin vers la reconnaissance

  • 2004 : Près de 9 000 sauveteurs, résidents et ouvriers ayant participé aux travaux de déblaiement portent plainte contre la municipalité et de nombreuses entreprises sous-traitantes, réclamant des dommages et intérêts. La ville tergiverse, certains les accusant d’exagérer leur état. Cela aboutira tout de même à une meilleure reconnaissance des victimes.
  • 2006 : Une partie du budget fédéral leur a été consacrée. L’Etat de New York  adopte trois lois pour augmenter la couverture maladie des sauveteurs et commence à diffuser des consignes précises permettant de diagnostiquer les syndromes liés aux attentats du 11-Septembre.
  • Décembre 2010 : Une proposition de loi de compensation financière et de prise en charge des frais médicaux pour les victimes du 11-Septembre est présentée au Congrès. Quelque 4,3 milliards de dollars sur cinq ans sont alors alloués à la couverture santé des personnes souffrant de troubles liés aux attaques.

Alors que la zone de Manhattan concernée par les dédommagements vient d’être élargie, une étude du service des pompiers de New-York, publiée le 1er septembre 2011 dans le journal médical britannique The Lancet, ajoute « le risque accru de cancer » à la liste des pathologies du World Trade Center. Des résultats qui pourraient peut-être faire revenir les autorités sur leur refus, en juillet dernier, de prendre en charge le coût du traitement des cancers qui semblent liés aux poussières de Ground Zero, faute de preuves scientifiques suffisantes.

Dix ans après, les conséquences des attentats du 11 septembre 2001 sur la santé et l’environnement continuent de toucher douloureusement les New -Yorkais qui regrettent encore la lenteur de réaction des autorités et le manque d’information.

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