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Recherche/ Paléontologie

L'Ougandopithèque, notre lointain cousin vieux de 20 millions d'années

La mâchoire d'un grand singe datée d'environ 20 millions d'annéesa été retrouvée dans la région ougandaise de Karamoja.
La mâchoire d'un grand singe datée d'environ 20 millions d'annéesa été retrouvée dans la région ougandaise de Karamoja. Reuters/Charles Platiau
Texte par : Nenad Tomic
6 mn

Une équipe de chercheurs français et ougandais a retrouvé en juillet dernier dans le Karamoja au Nord-Est de l'Ouganda, un crâne fossilisé d'un grand singe, vieux de presque 20 millions d'années. Ce fossile a été présenté en septembre lors d'une conférence de presse au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris. Il a été identifié comme celui d'un Ougandopithèque qui vivait bien avant la bifurcation entre les grands singes actuels et les êtres humains.

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La découverte de ce "grand singe" arboricole -bien que de petite taille : à peu près celle d'un gibbon - est le fruit de dizaines d'années de travail acharné dans une région volcanique de l'Ouganda. Pour la première fois, des chercheurs ont identifié un crâne quasi complet et très bien conservé. Au moment où il a été fossilisé par la lave crachée par le volcan Napak, l'Ugandapithecus vivait vraisemblablement dans un environnement tropical humide et fortement boisé, comme l'attestent les nombreux fossiles de plantes et d'animaux (oiseaux, crocodiles, écureuils volants, cochons et très nombreux escargots) trouvés à proximité de ses ossements.

Brigitte Senut professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris

La découverte de ce crâne fossilisé ne révolutionne pas les connaissances sur l'émergence de l'homme. Mais ce document paléontologique apporte des éléments importants concernant l'évolution des espèces. Les chercheurs ont pu constater que le crâne présentait des creux caractéristiques que l'on retrouve chez les orangs-outangs modernes et d'autres grands singes eurasiatiques mais pas chez les chimpanzés ou les gorilles.

On ne peut pas savoir si cette espèce a persisté pour donner naissance à autre chose et peut-être qu'elle s'est éteinte; mais cela donne une idée de ce groupe de grands singes de l'époque, un groupe qui a peut-être donné le jour aux grands singes africains et à l'Homme ....

Martin Pickford , maitre de conférences au Collège de France

Plusieurs fragments d'os de la même espèce avaient déjà été retrouvés sur d'autres sites de fouilles près du volcan de Napak en Ouganda, précise Brigitte Senut qui espère pouvoir trouver le squelette entier d'Ougandopithèque lors de la prochaine expédition:

Brigitte Senut, codirectrice de l'équipe scientifique à l'origine de cette découverte

Cette découverte du crâne de notre lointain cousin marque également 25 années de collaboration entre les scientifiques français et ougandais. Depuis 1920, l'Ouganda représente un territoire essentiel dans l'étude des origines des grands singes et des hommes.

« Mieux connaître le vivier qui précède l'histoire de notre famille, c'est particulièrement précieux », a insisté Yves Coppens, l'un des découvreurs de l'australopithèque Lucy, venu au Muséum pour assister à la présentation d'Ugandopithèque.

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