Santé

Journée mondiale de lutte contre le paludisme : sauvegarder de fragiles avancées

Un enfant atteint de paludisme au Soudan du Sud.
Un enfant atteint de paludisme au Soudan du Sud. Spencer Platt/Getty Images

Le 25 avril a lieu la journée mondiale de lutte contre le paludisme, maladie qui a tué 650 000 personnes en 2010, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Certes, des progrès réels ont été réalisés ces dix dernières années. La mortalité a diminué de 25% depuis l’an 2000 à l’échelle du globe, et la baisse a atteint 33% en Afrique, le continent le plus touché. Mais ces avancées restent fragiles.

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La première menace est conjoncturelle : la crise économique actuelle peut sérieusement compromettre les progrès accomplis. Pour distribuer des moustiquaires imprégnées d’insecticides, mettre à disposition des médicaments et des tests diagnostiques dans les pays en développement, il faut beaucoup d’argent. Cinq à six milliards de dollars chaque année, selon l’estimation du partenariat mondial baptisé « Roll back Malaria » (Faire reculer le paludisme).

Or l’aide internationale est largement en deçà : elle a atteint 2 milliards de dollars en 2011, et la tendance est à la baisse. Autre danger : l’apparition de résistances aux traitements à base d’artémisinine, un composé dérivé d’une plante chinoise. Des médicaments très efficaces qui ont révolutionné la prise en charge des malades ces dernières années.

Pour l’instant, les foyers de résistance identifiés sont circonscrits à certaines zones de la Thaïlande et du Cambodge. D’autres sont suspectés en Birmanie et au Vietnam. Mais si les parasites résistants se répandent, en particulier en Afrique, c’est tout l’arsenal thérapeutique qui risque de s’avérer inefficace à moyen ou long terme. Quoi qu’il en soit, l’objectif de zéro décès dû au paludisme d’ici 2015 semble hors de portée.

Avec 600 000 décès recensés en 2010, l’Afrique reste le continent le plus touché par le paludisme (91 % de la mortalité mondiale). Plus d’un million de personnes ont été sauvées grâce à l’action mondiale. L’Asie, deuxième région la plus touchée, intensifie sa lutte, notamment face à la résistance aux médicaments antipaludiques. Elle pourrait jouer un rôle déterminant afin que cette résistance n’apparaisse pas en Afrique.

Sur ce continent, la mobilisation se concentre sur les Objectifs du millénaire : s’approcher au maximum de zéro décès dû au paludisme d’ici 2015. Les succès de la lutte au Nigeria, en excluant notamment la monothérapie à base d’artémisinine depuis 2008, sont confirmés. En Tanzanie, la mortalité infantile générale a été réduite de moitié grâce aux moyens mis en œuvre dans la lutte antipaludique.

Quant à la distribution de masse de moustiquaires imprégnées en République démocratique du Congo, elle devrait permettre de réduire considérablement le nombre de décès chez les 180 000 enfants de moins de 5 ans qui meurent annuellement de la maladie. Le soutien des bailleurs de fonds reste indispensable, pour éviter que les progrès encore fragiles ne s’inversent, rappelle le partenariat Faire reculer le paludisme.

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