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Recherche/ Catastrophes naturelles

El Niño et Modoki, deux visages d'un même phénomène?

Le phytoplancton, observé ici au large de l'Argentine dans l'océan Atlantique Sud, produit la plus grande part de l'oxygène que nous respirons.
Le phytoplancton, observé ici au large de l'Argentine dans l'océan Atlantique Sud, produit la plus grande part de l'oxygène que nous respirons. Earthobservatory/ Nasa
Texte par : Dominique Raizon
4 mn

El Niño agit comme un perturbateur climatique qui se déplace de l’est du Pacifique tropical vers le centre du bassin océanique. De nouveaux travaux de chercheurs de l’Institut de recherche pour le Développement (IRD) ont décrit ce phénomène sur le plan biologique en zone équatoriale. L'étude montre qu’El Niño a pour effet d’appauvrir en phytoplancton la partie centrale du Pacifique et de renforcer une remontée d’eaux froides et chargées en éléments nutritifs le long de la côte sud-américaine.

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Tous les deux à sept ans, El Niño perturbe l’équilibre du Pacifique équatorial; son cousin, Modoki, « semblable mais différent » en japonais, est moins tumultueux et provoque des sécheresses en Inde ou en Australie. Depuis dix ans, El Niño « change de visage et revêt de plus en plus souvent des allures de Modoki ».

De l’avis des scientifiques, ce phénomène El Niño, qui sévit tous les 2 à 7 ans, « sème le désordre sur l’ensemble du globe et dans l’économie mondiale. Mais, depuis dix ans, il change de visage ». Analysant des images satellitaires prises entre 1997 et 2010 sur la partie centrale du Pacifique, les chercheurs ont relevé que les eaux étaient beaucoup moins vertes lors des épisodes qui se sont produits entre 2002 à 2007 et 2009-2010 : « Cette couleur traduit la teneur réduite en algues marines en surface, synonyme d’une faible activité biologique », ont-ils expliqué.

Le phytoplancton, essentiel à la vie marine

Au Pérou, s’appuyant sur une simulation océanique haute résolution, confrontée aux données satellites et historiques de l’Imarpe, les chercheurs se sont aperçus que les remontées d’eau froide sont telles que la fréquence du passage de Modoki pourrait avoir une influence sur les pêches en ce point du globe. Restait à examiner ces impacts et les biologistes se sont penchés sur les tous premiers maillons de la chaîne alimentaire à savoir la richesse des eaux en phytoplancton, essentielle « au développement végétal et donc à la vie marine ».

Ils ont étudié l’intensité de la couleur bleue ou verte de l’océan contemplée depuis l’espace car elle reflète les variations de la concentration en chlorophylle de surface. Or, les chercheurs ont observé de « faibles teneurs en chlorophylle, inférieures à 0,1 mg par m3 »… autrement dit, « un appauvrissement des eaux en phytoplancton de manière très étalée vers l’est du Pacifique, mais de façon plus localisée dans la partie centrale du bassin. »

Au Pérou, El Niño pourrait avoir un effet sur la ressource halieutique

Parallèlement, au cours de ces travaux, l’équipe de recherche s’est aussi intéressée au refroidissement des eaux à proximité des côtes péruviennes, chargées en éléments nutritifs et favorisant la productivité des eaux dans la région. Néanmoins, les épisodes classiques majeurs de Modoki de 1982-1983 et 1997-1998 ont fait chuter les stocks des poissons notamment péruviens.

La comparaison des deux phénomènes El Niño et Modoki fait apparaître qu’il s’agit là de deux visages d’un même phénomène, le second n’étant qu’une variante du premier et les chercheurs, désormais, de se demander si : « La nouvelle facette d’El Niño pourrait donc avoir un effet sur la ressource halieutique au large de l’Amérique du Sud. »

Pour en savoir plus :

Fiche de l'IRD : Le nouveau visage d’El Niño

- Le plancton a surtout décliné dans les régions polaires et tropicales.
- La montée de la température de l'eau est corrélée à une moindre croissance du phytoplancton sur la plus grande partie du globe, et en particulier près de l'Equateur.
- Le phytoplancton a besoin de lumière et d'aliment pour croître. Or plus ils sont chauds, plus les océans sont ‘stratifiés’, réduisant la quantité d'aliments parvenant à la surface en provenance des couches profondes de l'océan.
- Des phénomènes comme el Nino ont aussi un impact.

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