Sciences

L’existence du boson de Higgs sans doute bientôt confirmée

Peter Higgs, le 4 juillet 2012.
Peter Higgs, le 4 juillet 2012. REUTERS/Denis Balibouse

Une nouvelle particule «compatible» avec les caractéristiques du boson de Higgs, chaînon manquant dans la théorie des particules élémentaires, a été découverte, a annoncé mercredi l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern). « Nous avons observé un nouveau boson mais nous avons besoin de davantage de données » pour vérifier qu'il s'agit bien du boson de Higgs, a expliqué un porte-parole.

Publicité

« Nous avons franchi une nouvelle étape dans notre compréhension de la nature », a déclaré le directeur général du Cern, Rolf Heuer, dans un communiqué ce mercredi 4 juillet. « La découverte d'une particule dont les caractéristiques sont compatibles avec celles du boson de Higgs (...) ouvre la voie à des études plus poussées, exigeant davantage de statistiques, qui établiront les propriétés de la nouvelle particule », a-t-il expliqué. « Elle devrait par ailleurs lever le voile sur d'autres mystères de notre univers », a-t-il ajouté.

Peu avant la diffusion de ce communiqué, Joe Incandela, porte-parole de l'une des expériences en cours, avait relaté, très ému, lors d'un séminaire scientifique organisé à Genève par le Cern, les avancées des derniers mois.

« Nous avons observé un nouveau boson mais nous avons besoin de davantage de données pour vérifier qu'il s'agit bien du boson de Higgs », a-t-il expliqué devant un parterre de scientifiques.

Depuis presque 50 ans, les scientifiques courent après le boson de Higgs. Ils ne l'ont jamais observé, et pourtant c'est une pièce essentielle dans notre compréhension de l'univers. Du moins, c'est ce que les chercheurs pensent.

En 1964, le physicien Peter Higgs déduit son existence. Elle est obligatoire pour valider une théorie sur laquelle se fonde la physique moderne. Mais aujourd'hui encore, son existence n'a toujours pas été prouvée. Enfin, peut-être jusqu'à ce mercredi, en fonction de l'annonce du Cern.

Au fil des ans, les physiciens ont réussi à décortiquer la matière du boson de Higgs. Ils ont établi que celle-ci était composée par des sortes de briques élémentaires, les quarks, les électrons, les neutrinos. Et que ces briques interagissent entre elles. Pour cela, il leur faut des messagers : les bosons. Parmi ceux-ci, on connaît par exemple le photon, qui explique le rayonnement électromagnétique ou encore le gluon, qui soude en quelque sorte les noyaux atomiques. Reste donc le boson de Higgs.

Si son existence est confirmée, cette particule est sensée donner leur masse à toutes les autres dans l'univers. Sa découverte avait déjà été annoncée à tort en 2000.

Le physicien britannique Peter Higgs, 83 ans, a fait part de sa joie ce mercredi à l'annonce de la découverte d'une nouvelle particule « compatible » avec celle qui porte son nom et dont il avait suggéré l'existence il y a près de 50 ans. « Je suis stupéfait par l'incroyable vitesse à laquelle ces résultats ont été obtenus », a-t-il déclaré dans un communiqué envoyé par l'Université d'Edimbourg, en Ecosse.

« Je n'aurais jamais pensé assister à cela de mon vivant et je vais demander à ma famille de mettre le champagne au frais », a ajouté le physicien qui était présent à Genève mercredi lors d'un séminaire scientifique organisé par le Centre européen pour la recherche nucléaire (Cern) pour présenter ces résultats historiques.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail