Espace

Bientôt le clap de fin pour le télescope spatial Herschel

Le télescope Herschel.
Le télescope Herschel. Wikipedia

Faute de réserve d’hélium liquide assurant le refroidissement de ses instruments, le plus grand télescope jamais construit sera bientôt hors d’usage. Lancé en mai 2009, son bilan après près de quatre ans de fonctionnement est très positif.

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Le 14 mai 2009, une fusée Ariane 5 s’élance de la base de Kourou, en Guyane. A son bord, deux satellites. Planck, dont le but est d’aider à comprendre les origines de l’univers pour mieux en prédire la fin, et Herschel, qui doit pour sa part étudier les mécanismes de formation des étoiles.

Quatre ans plus tard, Planck est en passe de perdre son compagnon de route. Après plus de 22 000 heures d’observation, Herschel va bientôt s’éteindre, pour cause de surchauffe de ses instruments. L’hélium liquide chargé de refroidir à – 271°C ses deux caméras à bolomètres (des détecteurs très sensibles) et son spectromètre à haute résolution Hifi (chargé de dénicher les corps célestes les plus lointains) va bientôt finir par manquer. C’était attendu et ce n’est désormais plus qu’une question de jours, de semaines tout au plus.

Une carte de notre galaxie

Cependant, Herschel, qui tire son nom du physicien éponyme ayant découvert l’infrarouge en 1800, aura eu le temps de voir et d’observer de nombreuses choses, et des belles.

Son miroir de 3,5 mètres de diamètre a pu observer des galaxies naviguant dans les endroits les plus reculés de l’univers. Il a pu admirer des planètes encore inconnues jusqu’alors, orbitant autour de jeunes étoiles. Il a même fourni des informations inédites et très importantes sur Apophis, un astéroïde qui doit frôler la Terre en 2029 et 2036.

Herschel aura finalement pu recueillir tellement de données, que l’ESA, l’agence spatiale européenne, entend bien publier à la fin de l’année une cartographie de notre galaxie, la Voie lactée, en compilant ses observations.

Une retraite au Soleil

Des observations qui vont se poursuivre jusqu’à la toute fin de vie de Herschel, puisque l’ESA entend bien « exploiter l’hélium jusqu’à la dernière goutte ». Après quoi, le télescope utilisera ses dernières réserves pour se diriger vers le Soleil. Il se mettra ensuite en orbite autour, histoire de ne pas encombrer encore un peu plus l’orbite terrestre, déjà bien fournie en débris spatiaux en tous genres.

Mais qu’on se rassure, la relève est assurée. Gaïa, dont le lancement est prévu à la fin de l’année depuis la Guyane, poursuivra l’œuvre de Herschel. Charge à ce tout nouveau télescope spatial d’établir la carte la plus complète et la plus précise de la Voie lactée – en trois dimensions, s’il vous plaît. Pour cela, il observera plus d’un milliard d’étoiles, un record. 

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