Accéder au contenu principal
Espace

A Kourou, le satellite «Gaia» s'élance pour réaliser un panorama 3D de la Voie lactée

Décollage d'une fusée «Soyouz» de la base de Kourou en Guyane.
Décollage d'une fusée «Soyouz» de la base de Kourou en Guyane. AFP PHOTO / JODY AMIET
Texte par : Léa Ticlette
5 mn

C'est un lanceur russe Soyouz qui a mis en orbite ce 19 décembre le satellite Gaia. Cette mission est fondamentale pour approfondir nos connaissances de l'univers. Son but : établir une carte de notre galaxie en 3D. Et avec un milliard d'étoiles potentiellement sur cette carte, Gaia est la plus vaste mission de cartographie du ciel. Le satellite a été placé en orbite vers 10 heures, heure de Paris en décollant de la base de Kourou en Guyane. Puis Gaia va se placer autour de la Terre au dessus d'un emplacement fixe.→ Suivre le lancement de Gaia, sur le site du CNES

Publicité

L'ambition de l'Agence spatiale européenne avec le satellite Gaia est de cartographier en trois dimensions, un milliard d'étoiles de notre galaxie, la Voie lactée. Gaia est en fait la plus grande caméra digitale jamais envoyée dans l'espace, et elle va survoler un point fixe à un million et demi de kilomètres de la terre. De ce point d'observation, le satellite aura une bien meilleure perspective sur les étoiles, et pourra calculer leur position. Frédéric Arenou chercheur à l'observatoire de Paris approfondit l'idée même de la mission : « La terre tourne autour du soleil et on a l’impression que les étoiles, au cours de l’année, décrivent un petit cercle, ces cercles extrêmement petits sont très difficiles à mesurer. Donc Gaia va tourner à un million cinq cent mille kilomètres de la terre. Le satellite va accompagner la terre dans sa course autour du soleil. Il va observer tout le ciel en continu. Le ciel va défiler devant ses instruments et il va reconstituer la position des étoiles grâce à 70 mesures pendant 5 ans. Et à partir de cela, il va reconstituer la position, le mouvement des étoiles et déterminer à quelle distance elles se trouvent ».

Voir la vidéo du lancement de Gaia

«Gaia», un catalogue 3D du ciel

La précision de l'appareil est énorme. Gaia peut détecter un quart de l'épaisseur d'un cheveu à mille kilomètres de distance. Le satellite a aussi d’autres instruments qui doivent permettre de découvrir la nature de chaque étoile cartographiée : « Il va mesurer la composition chimique des étoiles. On va connaître leur température, leur gravité . Donc cela va nous permettre de déterminer comment sont ces étoiles, quelle est leur luminosité intrinsèque. Et on va même déterminer les âges des étoiles. Donc c’est une véritable carte d’identité pour un milliard d’étoiles », poursuit Frédéric Arenou.

Distance, âge, composition des étoiles, autant de moyens de remonter dans le temps, aux origines de notre galaxie. Et notamment pour retrouver les galaxies qui ont été amalgamées par notre Voie lactée : « Si on réussit à mesurer les positions et les vitesses des étoiles, on peut reconstituer leur orbite dans le passé. Donc revenir, voir à quel endroit ils ont pu se former. Si en plus, on a la composition chimique, on peut essayer de trouver des groupes qui ont une composition chimique homogène et qui se sont formés à un certain endroit. De la même façon qu’on utilise l’ADN maintenant pour voir comment ont migré des populations, là on utilisera la composition chimique d’un côté, les orbites des étoiles de l’autre pour pouvoir reconstituer à quel endroit ils ont pu se former ».

«Gaia», un satellite européen et un lanceur russe pour servir l'astronomie

A priori cela servira  avant tout à l'astronomie, mais comme l'explique François Mignard de l'observatoire de la Côte d'Azur, cette cartographie extrêmement riche des planètes et des étoiles est une base de connaissances pour des chercheurs d'autres disciplines. Au terme de ses 5 ans de mission, Gaia devrait permettre d'en apprendre plus sur les planètes semblables à la Terre, sur les trous noirs et sur les univers lointains : « C’est le socle d’une pyramide à partir duquel les étages vont se monter les uns sur les autres. Le premier étage, c’est les distances, la position des étoiles. Le deuxième étage, c’est les vitesses et les mouvements. Cela, Gaia le fait. Le troisième étage, c’est la luminosité des étoiles une fois qu’on a la distance. Le quatrième étage, c’est la formation des galaxies. Le cinquième étage, c’est la cosmologie et puis la matière noire. Donc, Gaia ne contribue pas directement, mais il contribue à apporter les éléments, les outils qui vont servir aux scientifiques qui eux étudient spécifiquement ces galaxies ». Cette mission révolutionnaire va coûter un peu plus d'un milliard d'euros à l'Agence spatiale européenne, sur cinq ans.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.