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Tara Méditerranée 2014

Le canal de Corinthe, un passage inoubliable

Le voilier Tara emprunte le canal de Corinthe.
Le voilier Tara emprunte le canal de Corinthe. RFI/Agnès Rougier
Texte par : Agnès Rougier
4 mn

Après avoir quitté Patras, plutôt que de faire le tour du Péloponnèse pour rejoindre la mer Egée où se déroulent les prochaines stations scientifiques, Tara a emprunté le canal de Corinthe, le plus court chemin entre la mer Ionienne et le golfe Saronique dans la mer Egée. Sur les traces des voyageurs de l’Antiquité.

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Le Péloponnèse est une presqu’île de presque 300 km de long et 200 km de large, rattachée au continent par un petit bout de terre large de 6 km, l’isthme de Corinthe. Il était tentant pour les populations de traverser par cette langue de terre plutôt que de faire le tour de la presqu’île. Depuis le VIIème siècle avant notre ère, l’isthme était le point de passage des commerçants comme des armées locales, grâce à un système appelé diolkos. Les bateaux étaient hissés sur des sortes de chariots - des bers – roulant sur une voie dallée de bois, tirés par des cordages attachés à des contrepoids. Il reste encore aujourd’hui sur 1 km, les traces de ce chemin antique dallé. Le premier projet de creusement de canal est attribué à l’empereur romain Néron vers 67 avant notre ère. Projet abandonné après sa mort.

Le canal, enfin creusé

Au XIXème siècle, à la suite de l’ouverture du canal de Suez, une société française - la Société Maritime du Canal de Corinthe -, entame des travaux à la demande de l’Etat grec. Le 29 mars 1882, le premier coup de pelle est donné. Mais des difficultés à la fois financières et géologiques conduisent à l’arrêt des travaux en juillet 1889 alors qu’il reste 2,6 km à creuser. Une société grecque reprend la construction en 1890 et l’inauguration aura lieu le 25 juillet 1893.

Le canal : 6,343 km de long, 25 km de large, pouvant accueillir des bateaux jusqu’à 10 000 tonnes et 8 m de tirant d’eau, bordé par des falaises de 50 mètres de haut, est enfin mis en service.

Une affaire rentable

Un été, entre 100 et 150 bateaux empruntent le canal de Corinthe. La largeur maximale autorisée pour les bateaux est de 22, 5m et l’on voit des traces de peinture sur les bords. C’est une société privée qui gère le canal et son passage est payant, en fonction de la catégorie et de la longueur du navire. Pour les mêmes dimensions, les bateaux de plaisance peuvent payer jusqu’à plus de dix fois le tarif des navires de commerce. Samuel Audrain, capitaine de Tara, a dû prouver aux fonctionnaires du canal que Tara est bien un bateau de travail, de la catégorie des navires de commerce, et non un voilier de plaisance comme il pourrait le paraître. S’il n’y était pas arrivé, la traversée aurait couté 1000 euros au lieu de 160.

Un passage saisissant

Les parois du canal de Corinthe, vues depuis le voilier de l'expédition Tara.
Les parois du canal de Corinthe, vues depuis le voilier de l'expédition Tara. RFI/Agnès Rougier

Nous attendions tous avec impatience d’emprunter le mythique canal de Corinthe. Impossible de naviguer dans les deux sens, de se croiser, Tara a donc attendu, avec trois autres voiliers, l’autorisation de passage. On traverse d’abord un pont « coulant », qui s’enfonce dans l’eau pour laisser entrer les bateaux, puis s’ensuivent trente minutes de navigation en ligne droite à une vitesse constante de 6 nœuds. Les falaises de pierre couleur sable sont abruptes, avec de petits bosquets qui croissent à la verticale de ci de là. Cinquante mètres plus haut, six ponts successifs sont suspendus dans le soleil.
Un peu plus de 6 km plus tard, la mer Egée s’ouvre devant nous.

Notre capitaine, Samuel Audrain, s’est souvenu d’avoir passé le canal, il y a 20 ans, sur le bateau de son grand père. Un moment inoubliable pour lui ce jour-là, pour nous aujourd’hui.

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