Science

La sonde Rosetta à l’heure pour son rendez-vous avec la comète Chury

Après un long voyage de dix ans, la station spatiale Rosetta a rejoint la comète Tchourioumov-Guérassimenko mercredi à 9h29 TU.
Après un long voyage de dix ans, la station spatiale Rosetta a rejoint la comète Tchourioumov-Guérassimenko mercredi à 9h29 TU. (c) CNES

Après un long voyage de dix ans, la station spatiale Rosetta a atteint son point de rendez-vous avec la comète Churyumov-Gerasimenko, mercredi à 9h29 TU. L’engin doit étudier la comète sous toutes les coutures. Grâce à elle, les scientifiques espèrent pouvoir percer le mystère de l’origine de la vie sur Terre.

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Il lui aura fallu dix ans, cinq mois et quatre jours pour arriver à destination. Plus de 400 millions de kilomètres séparent la terre de la comète Chury mais la sonde spatiale Rosetta a dû faire quelques détours afin de prendre de la vitesse jusqu’à atteindre celle de la comète, soit 55 000 km/heure.

Rosetta a survolé la terre à trois reprises et fait plusieurs fois le tour du soleil. Au total, en dix ans, la station a parcouru plus de six milliards de kilomètres.

Pour piloter un engin situé à plus de 400 millions de kilomètres de la terre, les scientifiques sont obligés d’anticiper chacune de leurs commandes, car celles-ci mettent en moyenne 25 minutes avant de parvenir à la sonde. La précision requise pour ces manœuvres nécessite une technologie de pointe et un budget conséquent. Le coût total de cette mission s’élève à 1,3 milliard d’euros, soit l’équivalent de trois avions gros porteurs Airbus 380.

Une première dans l’histoire

Rosetta va devoir suivre et étudier la course de la comète à travers le système solaire, un pari qui n’avait jamais encore été fait auparavant.

La sonde analysera un phénomène appelé « coma » qui survient lorsqu’une comète s’approche du soleil. Un gigantesque halo de gaz et de poussières se forme jusqu’à donner naissance à une épaisse chevelure et une longue queue composée de vapeur d'eau.

Rosetta étudiera également le noyau de Chury dont la forme a surpris les scientifiques. « On ne s’attendait pas à ce que ce noyau soit composé de deux parties et ressemble à un canard », s’étonne Francis Rocard, responsable du programme d’exploration spatiale du Centre National des Etudes Spatiales (CNES).

Pour travailler, la sonde spatiale possède onze instruments scientifiques tels que des caméras ou des analyseurs de poussière et de particules, ainsi qu’un atterrisseur, baptisé Philae. Ce laboratoire ambulant de la taille d’un gros réfrigérateur doit atterrir sur la comète le 11 novembre prochain, date à laquelle il commencera à scruter les entrailles de Tchouri.

Découvrir l’origine de la vie sur terre

La formation des comètes remonte à l’origine de notre système solaire, soit il y a 4,6 milliards d’années. Sur leur surface se trouve de la matière originelle à partir de laquelle s’est formé le système solaire. En analysant cette matière originelle sur Tchouri, les scientifiques espèrent pouvoir déceler le mystère de l’origine de la vie sur Terre.

« Les comètes sont des objets qui évoluent très loin et dont la matière primitive ne subit pas les modifications que connaissent les planètes, dues au rayonnement solaire et aux processus géologiques », explique Gunther Lautenschläger, chef de projet de la mission Rosetta.

L’étude de la comète Churyumov-Gerasimenko, permettra donc aux scientifiques de faire un véritable voyage dans le temps. La mission prendra fin en décembre 2015.

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