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France

L'Hermione met le cap sur l'Amérique, 235 ans après La Fayette

La réplique de l'Hermione à La Rochelle.
La réplique de l'Hermione à La Rochelle. Sarah Elzas
Texte par : Alice Pozycki
8 mn

C'est une frégate qui renaît de ses cendres. L'Hermione, célèbre navire qui permit à La Fayette de rejoindre les Etats-Unis au 18ème siècle, a désormais sa réplique. Elle porte le même nom que son ancêtre et s'apprête, comme elle, à traverser l'Atlantique.

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Après trois derniers jours passés en mer en guise de dernier essai avant le grand départ, l'Hermione larguera les amarres ce samedi 18 avril depuis l'île d'Aix, dans l'ouest de la France. Avant le grand voyage, il paradera une dernière fois le long de la côte où plusieurs milliers de curieux l’attendent déjà. Le projet a en effet passionné les foules et ses plus fidèles admirateurs ont d’ores et déjà prévu d’assister au retour en France de la frégate, prévu en août prochain.

En attendant, ce départ met un terme à 17 années de travaux. A l'origine de ce projet pharaonique, quatre passionnés du patrimoine français. En 1990, ils décident de mettre en valeur l'arsenal maritime de Rochefort, une ville dédiée aux navires, née de la volonté de Louis XIV de faire rayonner la France sur les mers. Ces passionnés ont donc l'idée un peu folle de reconstruire un bateau mythique de cet arsenal. Leur choix se porte sur l'Hermione. Mais à l'époque, personne ne savait combien de temps le chantier durerait.

Du temps et de l'argent pour un défi hors normes

L'équipe est partie de rien ou presque. Les plans de l'Hermione avaient disparu. Il a fallu utiliser les plans d'une autre frégate. L'idée était vraiment de reconstruire à l'identique avec les mêmes méthodes qu'il y a trois siècles, sauf que certains métiers ont disparu et certaines traditions se sont perdues. Toutes ces recherches ont donc pris beaucoup de temps. 

Le financement a lui aussi été un vrai défi. La reconstruction a coûté 25 millions d'euros. Quant à la navigation, le coût du voyage vers les Etats-Unis dépasse les 5 millions d'euros. Ce projet, en partie financé par l’argent public, doit cependant beaucoup aux particuliers. Plus de quatre millions de visiteurs se sont rendus sur le chantier de l’Hermione dans l’arsenal maritime de Rochefort, ou à bord. Grâce à leur participation, la frégate a pu voir le jour.

La frégate de La Fayette à l'identique

Vue de l'extérieur, la réplique est fidèle à l'original. Comme son ancêtre, l'Hermione est impressionnante. Soixante-cinq mètres de long, trois mâts immenses, une coque entièrement en chêne et 2 200 mètres carrés de voilure.

Mais pour s’adapter aux conditions de navigation du 21ème siècle, le bateau a subi quelques modifications. Il est aujourd’hui impensable de perdre un matelot, un zodiac de secours a donc été installé. La réplique de l’Hermione possède aussi des moteurs, pour pouvoir s'extirper d'une côte dangereuse. Quant aux conditions à bord, il n’est plus question de transporter l'eau dans des tonneaux, la frégate est donc équipée de désalinisateurs. Il est également impensable aujourd’hui de se soulager comme à l’époque, dans un pot que l’on jetterait par-dessus bord. Pour le confort de l’équipage, des toilettes ont été installées.

Enfin, une autre différence, probablement la plus symbolique, concerne les 26 canons de l’Hermione. Ils ont tous été démilitarisés et ne tirent donc plus de boulets mais des feux d’artifice.

La traversée de l'Atlantique

Dernier défi, le voyage ! Il va durer quatre mois avec 16 escales, des îles Canaries, au Canada en passant par Boston et New York aux Etats-Unis. Avant le grand retour en France en août. Aux côtés du commandant, une poignée de marins professionnels œuvrera tout au long du voyage. Mais la majeure partie de l'équipage est composée de volontaires, des bénévoles sans expérience.

La navigation sur un tel bateau est très éprouvante, les candidats ont d’abord été sélectionnés sur le plan physique. Pour traverser l’Atlantique, il faut par exemple être capable de grimper sur un mât à 45 mètres de hauteur, de jour comme de nuit. Manier les voiles ne s'improvise pas non plus. Les volontaires ont donc reçu une formation, d'abord à terre. Puis en mer pendant deux mois.

Écouter le reportage de notre envoyée spéciale à Ile-d'Aix

Au total, l'équipage compte 80 personnes. Un chiffre conséquent mais qui s'explique facilement : à bord de l'Hermione, les machines ne sont pas là pour remplacer le travail humain. Pour relever l'ancre du bateau, et l'enrouler, il ne faut pas moins de 30 personnes ! Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'Hermione n'est pas seulement une affaire d'hommes. L'équipage compte, 235 ans après le voyage de La Fayette, un tiers de femmes.

→ Lire le reportage de Sarah Elzas, de la rédaction anglaise de RFI, à bord de l'Hermione

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