Santé et médecine

Les hommes vivent plus vieux mais pas forcément mieux

En moyenne, les Japonais vivent jusqu'à 73 ans en bonne santé.
En moyenne, les Japonais vivent jusqu'à 73 ans en bonne santé. AFP PHOTO / Yoshikazu TSUNO

L’espérance de vie moyenne dans le monde a augmenté de 6,2 ans entre 1990 et 2013, selon une étude publiée dans la revue britannique The Lancet. Mais si les humains vivent de plus en plus vieux, ils vivent aussi plus longtemps malades.

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Un enfant né en 2013 vivra en moyenne 6,2 ans de plus que son aîné de 1990. Son espérance de rester en bonne santé a elle aussi progressé de 5,4 ans. Jusqu’ici, les résultats de l’étude dirigée par Theo Vos de l’Université de Washington sont sans surprise. Une fois mises côte à côte, ces deux courbes affichent pourtant une progression bien différente : en 23 ans, l’espérance de vie a progressé plus vite. Selon les chercheurs, l’homme vit certes plus vieux, mais aussi plus longtemps malade qu’auparavant.

Les pays d’Afrique en bas du classement

Pour autant, ces résultats ne sont que des moyennes mondiales. Dans les détails, les différences entre pays riches et pays en voie de développement peuvent être extrêmes. Ainsi, le Japon arrive en tête des pays où l’on vit le plus longtemps en bonne santé avec une moyenne de 73 ans. Tout en bas du classement se trouve le Lesotho dont les enfants nés en 2013 peuvent espérer vivre en bonne santé jusqu’à 42 ans. Et c’est en Afrique que l’on trouve neuf des dix pays où les habitants vivent le moins longtemps en bonne santé. Le Lesotho est suivi du Swaziland, de la République centrafricaine, de la Guinée-Bissau, du Zimbabwe et du Mozambique. L’Afghanistan, seul pays non africain du classement, précède le Tchad, le Soudan du Sud et la Zambie.

Dans le haut du classement, le Japon précède Singapour, Andorre, l’Islande, Chypre et Israël. La France, elle, arrive en septième position devant l’Italie, la Corée du Sud et le Canada. Ainsi, un enfant français né en 2013 peut espérer vivre sans maladie ni handicap jusqu’à l’âge de 70 ans, soit environ trois ans de plus qu’un enfant né aux Etats-Unis.

De manière générale, sur les 188 pays où l’étude a été menée, les pays développés vivent en moyenne sept ans de plus en bonne santé que les pays en voie de développement.

Les maladies aussi ont évolué

Un autre enseignement de cette étude parue dans The Lancet concerne les raisons de la perte de la santé des hommes et des femmes dans le monde. En matière de maladie et de handicap, la recherche distingue deux grandes catégories. D’un côté, les maladies transmissibles (sida, paludisme, infections pulmonaires ou intestinales etc.), de l’autre les maladies-non transmissibles (pathologies cardiovasculaires, diabètes, douleurs articulaires etc. mais aussi les accidents de la vie).

En 1990, les pays les moins développés souffraient avant tout des maladies infectieuses et contagieuses, alors que les pays développés étaient davantage touchés par la seconde catégorie. Selon l’étude, cette distinction est toujours vraie aujourd’hui, mais il apparait clairement que les maladies non transmissibles progressent aussi dans les pays les plus pauvres.

Les progrès réalisés dans le domaine de la santé ne sont qu’une partie de l’explication. Le mode de vie de ces pays a changé, que ce soit sur le plan alimentaire et physique. Comme dans les pays riches, on y mange de plus en plus mal, et on pratique de moins en moins d’activité physique.

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