Science

Huit grands chercheurs s'inquiètent des coupes budgétaires dans la recherche

Pour huit grands chercheurs français, le projet de coupes budgétaires dans la recherche est extrêmement inquiétante (photo d'illustration)
Pour huit grands chercheurs français, le projet de coupes budgétaires dans la recherche est extrêmement inquiétante (photo d'illustration) Getty images/Monty Rakusen

Sept prix Nobel et un lauréat de la médaille Fields s'alarment d'« un suicide scientifique et industriel » dans une tribune publié dans le journal Le Monde lundi 23 mai. Une inquiétude suscitée par la présentation d'un projet de décret qui priverait la recherche française de 256 millions d'euros de crédit, concernant tous les grands organismes. Et cela alors que l'exécutif ne cesse pourtant de louer les mérites des scientifiques français.

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Est-ce que le gouvernement français donne réellement la priorité à la recherche ? C'était un engagement de campagne de François Hollande mais ce coup de canif envisagé dans le budget de la recherche soulève, une nouvelle fois, la question.

256 millions d'euros de crédits en moins, c'est plus d'un quart de l'effort demandé pour financer les dépenses nouvelles annoncées par l'exécutif depuis le début de l'année. Un effort qui retombe donc principalement sur le monde de la recherche. Et qui risque d'avoir de lourdes conséquences, durables, puisqu'il concerne directement l'activité des laboratoires et leurs frais de fonctionnement. Tous les grands organismes sont concernés.

→ La tribune des huit chercheurs publiée dans Le Monde : Coupes budgétaires dans la recherche : huit grands chercheurs dénoncent « un suicide scientifique et industriel »

C'est donc la stupeur dans le milieu scientifique, d'autant plus surpris que le gouvernement ne cesse de vanter les mérites de la recherche française. Sept prix Nobel et un lauréat de l'équivalent en mathématique, la médaille Fields, ont ainsi signé une tribune au vitriol dans le journal Le Monde, espérant que le gouvernement fasse marche arrière.

Compétitivité et innovation

Ils devraient être vite fixés, puisque la Commission des finances de l'Assemblée nationale doit se prononcer ce mardi 24 mai sur ce projet de décret. Parmi les signataires de cette tribune, Jean Jouzel, qui a reçu le prix Nobel de la paix pour ses travaux au GIEC, craint une sérieuse perte de compétitivité de la France dans ce domaine si ce décret est adopté.

« Ça fait une part énorme des crédits qui sont à disposition des laboratoires et qui diminuent d’année en année. Les crédits de fonctionnement, les crédits récurrents… Donc c’est effectivement très important. Pourquoi soutenir la recherche ? Parce que je crois que le dynamisme d’un pays s’appuie sur la recherche, l’innovation, la recherche fondamentale », insiste le climatologue, qui souligne les disparités entre les pays sur la question du financement de la recherche.

→ A (RE)LIRE : Sélection illégale à l'entrée en fac en France: mythe ou réalité ?

« D’un côté, il y a des pays comme l’Allemagne, où l’effort de recherche se développe de manière importante, c’est vrai également en Chine, la recherche est relativement bien soutenue également aux Etats-Unis. Il y a une compétition internationale et il faut garder un soutien pour la recherche si on veut que la recherche française soit compétitive, estime Jean Jouzel. On voit bien qu’il y a un lien entre la qualité de recherche fondamentale d’un pays et sa capacité d’innovation. Ça a aussi des conséquences sur l’industrie, le tissu industriel et sur l’emploi. »

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