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Science

Les babouins peuvent vocaliser cinq voyelles, révèle une étude française

Le babouin de Guinée est apte à prononcer au moins cinq voyelles.
Le babouin de Guinée est apte à prononcer au moins cinq voyelles. Javier Fernández Sánchez/Getty Images
Texte par : Christophe Carmarans
4 mn

Une étude menée par des chercheurs français et publiée dans une revue scientifique américaine démontre que les babouins sont capables de vocaliser au moins cinq voyelles. Cette découverte est intéressante dans la mesure où elle peut remettre en cause les origines de l’apparition du langage chez l’Homo sapiens qui demeurent encore aujourd’hui assez floues.

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Même s’ils sont encore loin de pouvoir rivaliser avec les perroquets, dont certains peuvent reproduire plus de cent mots, les babouins produisent des vocalisations, comparables aux voyelles, une aptitude qui préfigure un système de parole chez ce primate supposé être l’un de nos lointains ancêtres. C’est le résultat d’une étude française publiée mercredi dans la revue américaine PLOS One. Des scientifiques français ont en effet analysé 1 400 vocalisations de 15 babouins de Guinée vivant au centre des primates du CNRS (Centre national de recherche scientifique) à Rousset-sur-Arc dans les Bouches-du-Rhône. Le groupe comprenait des mâles, des femelles et leurs descendants.

Leurs « vocalises » ont été enregistrées alors qu'ils cherchaient à communiquer entre eux. L'équipe de chercheurs, menée par Louis-Jean Boë de l'Université Grenoble-Alpes, a alors mis en évidence que ces babouins étaient capables de produire des sons comparables à cinq voyelles humaines : i-æ-a-o-u. « C'est la première fois qu'on montre cela chez un primate non humain », a expliqué à l'Agence France-Presse Joël Fagot, chercheur du CNRS au laboratoire de psychologie cognitive AMU et coauteur de l'étude.

Théorie remise en cause

Cette découverte remet en cause une théorie jusqu’ici  très largement répandue qui associait la production de sons différenciés à la « descente du larynx » observée au cours de l'évolution de l'Homo sapiens. « Pendant trente ou quarante ans, on a pensé que ces animaux, les babouins, étaient incapables de prononcer les sons de la parole », précise Joël Fagot. Or, si le babouin, chez qui le larynx est placé plus haut que chez l'homme, peut produire le ‘i’, le ‘æ’, le ‘a’, le ‘o’ et le ‘u’ ; pourquoi pas les ancêtres de l'Homo sapiens ? Les origines de l’apparition et de l’évolution du langage chez l’Homme, qui demeurent encore assez floues, pourraient se trouver encore modifiées par cette découverte chez les babouins.

« Cela laisse entendre que la parole humaine a une très longue histoire évolutive », explique Joël Fagot. « Contrairement à ce qu'on pensait, ce n'est pas quelque chose qui a émergé avec l'homme moderne actuel, c'est certainement plus ancien », ajoute-t-il. Il convient toutefois de relever que produire des sons comparables aux voyelles n'a rien à voir avec le fait de parler. Les babouins produisent des sons qui ont les propriétés acoustiques des voyelles, mais pas leurs propriétés linguistiques.

Selon le CNRS, les langues parlées auraient pu évoluer « à partir d'anciennes compétences articulatoires déjà présentes chez notre dernier ancêtre commun avec les cercopithécidés, il y a environ 25 millions d'années », les cercopithécidés étant les primates actuels. Les chercheurs ont également noté que les babouins étaient capables de combiner ces sons. Ils peuvent notamment assembler le ‘a’ et le ‘u’ pour produire le son « waouh ! » par exemple. De plus, ils utilisent différemment les vocalisations distinctes selon les situations. Outre les échanges vocaux, les babouins utilisent plutôt des signaux visuels et tactiles pour communiquer entre eux, comme par exemple le toilettage, ou encore des expressions faciales. Ainsi, soulever les sourcils correspond à une menace. C'est toujours bon à savoir ...

(avec AFP)

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