France / Santé et médecine

France: de plus en plus de femmes délaissent la pilule

La pilule est davantage utilisée parmi les 15-19 ans (60,4%) et les 20-24 ans (59,5%), puis son utilisation diminue par la suite.
La pilule est davantage utilisée parmi les 15-19 ans (60,4%) et les 20-24 ans (59,5%), puis son utilisation diminue par la suite. Getty images / berekin
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ce mardi 26 septembre, c’est la journée mondiale de la contraception. En France, la pilule reste le moyen contraceptif le plus utilisé par les femmes, mais depuis quelques années, elles y ont de moins en moins recours, au profit d’autres méthodes. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’agence sanitaire Santé publique France.

Publicité

Légalisée en France il y a 50 ans, symbole d’une liberté acquise de haute lutte, la pilule est un peu tombée en disgrâce. 36% des femmes l’utilisent aujourd'hui comme moyen de contraception, contre 45% en 2010.

En cause notamment le débat qui a surgi en 2013 sur les effets secondaires de certaines pilules dites de 3e et 4e générations, suspectées de favoriser des troubles veineux et artériels graves.

Les pilules ne sont plus remboursées. Mais le discrédit s’est étendu à tous les types de pilules, et il coïncide avec le désir plus répandu de se tourner vers des méthodes non médicamenteuses.

Seuls les moins de 25 ans continuent d’opter très majoritairement pour ce moyen contraceptif. Pour les autres, le changement s’est fait au profit du stérilet et du préservatif ; et, de façon plus marginale, de l’implant. Le stérilet est devenu ainsi le premier contraceptif chez les plus de 35 ans.

A noter enfin, d’après l’étude, que la contraception définitive est très peu utilisée en France, contrairement à ce qui est observé dans d’autres pays européens, comme le Royaume-Uni ou la Suisse.


Morgane a arrêté la pilule

Parce qu'elle avait des règles abondantes et douloureuses, Morgane Minier a commencé à prendre la pilule à 17 ans, c’était il y a 10 ans. « Ça a été le jour et la nuit, reconnaît-elle. Plus de douleur. Finalement on a ses règles un peu sur commande, ça dure 5 jours et puis c’est bon. »

Au fil des années pourtant, l'idée de changer de moyen de contraception a fini par lui trotter dans la tête : « C’était à un moment où l’on parlait beaucoup des filles qui avaient fait des AVC à cause de la pilule. Et puis le fait de prendre un médicament tous les jours, et que je fumais… je me suis dit que ce n’était peut-être pas le meilleur moyen de contraception qui soit. »

Mais c'est en mars dernier que Morgane a pris la décision d'arrêter. Après une grosse frayeur. « J’étais au travail et j’ai ressenti une forte douleur à la tête, des picotements aux doigts et je n’arrivais plus à parler », raconte-t-elle.

A l'hôpital, les médecins ne feront pas le lien avec son moyen de contraception, mais sa gynécologue oui. Alors fini la pilule pour Morgane et pour de plus en plus de femmes d'ailleurs, analyse Nathalie Bajos, directrice de recherche à l'Inserm.

« C’est vraiment multifactoriel. C’est lié à l’âge, c’est lié aux conditions sociales et c’est lié aussi à un rapport un peu général que certaines femmes ont de défiance vis-à-vis des produits de l’industrie pharmaceutique », dit-elle.

De la défiance qui pousse ces femmes à se tourner vers un autre moyen de contraception.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail