Aérospatiale

Lancée cette nuit, la sonde «BepiColombo» part à la découverte de Mercure

Lancement de la fusée «Ariane 5» depuis Kourou, en Guyane, ce 19 octobre 2018.
Lancement de la fusée «Ariane 5» depuis Kourou, en Guyane, ce 19 octobre 2018. jody amiet / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La nouvelle mission spatiale vers Mercure a décollé à 1h45 TU cette nuit depuis Kourou en Gyuane à bord d'une « Ariane 5 ». « BepiColombo » est une coproduction de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de la JAXA, son homologue japonaise. La sonde est désormais partie pour un voyage de sept ans à destination de la planète la plus proche du Soleil, laquelle recèle encore de nombreux secrets.

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Mercure reste l'une des planètes les plus méconnues du système solaire. En cause, les conditions dantesques qui y règnent. La planète la plus proche du Soleil connaît des températures qui oscillent entre + 430 et -180 degrés Celsius. Forcément, on n'y est donc pas allé souvent avant BepiColombo. Seules deux sondes s'y sont aventurées. Il reste donc une foule de questions à son sujet sans réponses. François Leblanc est directeur de recherche CNRS au Latmos, le Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales : « Le principal objectif, c’est de comprendre l’origine de Mercure. Le second objectif, c’est comprendre comment Mercure interagit avec son étoile, comme un petit peu en analogue d’une planète extrasolaire. On se demande comment une planète comme ça évolue, aussi proche de son étoile ».

Il aura ainsi fallu plus de dix ans à l'Agence spatiale européenne (ESA) et à son homologue japonaise JAXA pour développer cette mission. Mercure est donc une planète intrigante. Balayée par le flux solaire, elle a réussi contre toute attente à conserver une fine atmosphère.

Un voyage de sept ans

De la même manière, elle possède un champ magnétique, un autre phénomène que les scientifiques expliquent difficilement. Sa composition interne est également étrange, avec un noyau disproportionné.

Mercure représente donc un terrain de jeu idéal pour les astrophysiciens qui saisissent par ailleurs l'opportunité d'étudier un objet qui orbite très près de son étoile. La majorité des planètes découvertes en dehors de notre système solaire sont dans la même configuration.

La mission a été compliquée à développer. Orson Sutherland de l'Agence spatiale européenne explique pourquoi : « Les panneaux solaires sont un des programmes de développement les plus longs. On a aussi les boucliers thermiques qui ont été développés spécialement pour BepiColombo, pour protéger la sonde contre les rayons ultraviolets, les rayons infrarouges. Ces deux rayonnements sont ceux qui nous donnent des problèmes avec BepiColombo ».

BepiColombo devrait donc apporter de nombreuses réponses à toutes ces questions. Pour cela, il faudra cependant attendre sept ans, la durée du voyage qui mènera la sonde jusqu'à destination.

►A (re)lire: BepiColombo, la nouvelle mission spatiale pour percer les mystères de Mercure

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