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Espace: SpaceX et la Nasa s'entraînent pour les vols habités

Le lanceur Falcon 9 contenant la capsule Dragon, tout deux conçus par SpaceX, fera un premier vol test avec la Nasa ce samedi 2 mars 2019.
Le lanceur Falcon 9 contenant la capsule Dragon, tout deux conçus par SpaceX, fera un premier vol test avec la Nasa ce samedi 2 mars 2019. NASA/Joel Kowsky

Ce samedi 2 mars 2019, SpaceX et la Nasa feront décoller un vaisseau spatial du sol américain avec à son bord Ripley, un mannequin, en vue de préparer des futurs vols habités. Si ce vol réussi, cela relancera les vols habités américains après le dernier lancement de la navette Atlantis. Récit d’une course aux étoiles agitée.

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A la veille du lancement du Falcon 9, l’hyperactif milliardaire Elon Musk, propriétaire de SpaceX, société choisie par la Nasa pour renvoyer des astronautes américains dans l’espace, s’est félicité sur Twitter du lancement à venir. Fin communiquant, il a joint une photo de l’intérieur de sa capsule Dragon, où, pour ce vol de démonstration, le mannequin d'essai de choc Ripley a été sanglé dans un des trois sièges.

SpaceX et la Nasa préparent les futurs vols habités américains

Ce lancement marque l’aboutissement d’un contrat de 2,6 milliards de dollars entre la Nasa et la compagnie pour que des astronautes américains puissent enfin rejoindre la Station Spatiale Internationale en décollant du sol américain.

Depuis 2011 et la fin de l’utilisation de navette américaine, l’agence spatiale n’avait aucun moyen d’envoyer les successeurs de Neil Armstrong dans l’espace. En effet, leur dernier véhicule, la navette Atlantis, bien que considérée comme une merveille de technologie, était trop dangereuse et coûteuse. La société a subi plusieurs catastrophes dans son histoire : en 1986, Challenger explose en vol, et en 2003, Columbia se désintègre lors de sa rentrée dans l’atmosphère. Au total, quatorze personnes ont perdu la vie. En toute logique, le président Bush avait mis fin au programme en 2003.

A (ré)-écouter : Pourquoi encore envoyer des hommes dans l’Espace ?

Ironie de l’histoire, depuis 2011, c’est donc vers les Russes que s’étaient tournés les Américains, le seul moyen de maintenir une présence américaine constante dans l’espace étant d’utiliser les navettes Soyouz. Cet accord entre les deux gouvernements est coûteux : 81 millions de dollars par astronaute envoyé. Cela explique le développement du Commercial Crew Program par la Nasa. Les entreprises Boeing et SpaceX ont ainsi reçu des subventions à hauteur de 7 milliards de dollars pour développer des vaisseaux capables de transporter des astronautes américains vers la Station Spatiale Internationale.

C’est donc la capsule Dragon de SpaceX qui volera la première. Autrefois véhicule de ravitaillement, elle a été transformée en navette habitable. Ce premier vol, « DM-1 », démontrera les capacités de SpaceX. Un jour et quelques orbites terrestres après son décollage, Dragon s’amarrera à la Station Spatiale Internationale, où elle restera durant une semaine. Une fois l’écoutille ouverte, les astronautes déjà sur place iront à l’intérieur de la capsule, et effectueront des tests. Vendredi prochain, le 8 mars, après s’être déconnectée de la station, Dragon amerrira dans l’océan Atlantique.

Un deuxième test avant un autre vol habité

Si l’opération est un succès, quel avenir pour SpaceX ? Dans un mois, une nouvelle capsule sera envoyée, et testera le système d’évacuation d’urgence. Une fois que la Nasa aura approuvé ces procédures de sécurité, deux astronautes prendront place à bord de Dragon. Bob Behnken et Doug Hurley deviendront alors les premiers Américains à quitter le sol de leur pays dans une navette « made in USA » depuis 2011.

À plus long terme, on peut imaginer l'utilité de ce nouveau vaisseau spatial. La date de péremption de la Station Spatiale Internationale approche, après avoir été repoussée de nombreuses fois. La Nasa a annoncé son prochain but : établir une station en orbite autour de la Lune. Jeudi 28 février, le Canada a rejoint les efforts des Américains dans ce sens.

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