Coronavirus: «Cela ne sert à rien de tomber dans la psychose»

Des membres du personnel médical attendent les ambulances qui transportent des malades contaminés par le coronavirus Covid-19, à l'entrée de l'hôpital de Daegu, en Corée du Sud, le 23 février 2020.
Des membres du personnel médical attendent les ambulances qui transportent des malades contaminés par le coronavirus Covid-19, à l'entrée de l'hôpital de Daegu, en Corée du Sud, le 23 février 2020. YONHAP / AFP

Trois questions au professeur Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat, à Paris. Par Camille Kauffmann.

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L'épidémie de coronavirus s'étend, confirmant l'inquiétude l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En Europe, l'Italie vient d'annoncer un troisième décès, après avoir stoppé le Carnaval de Venise et imposé la quarantaine dans onze villes du nord du pays. Au Moyen-Orient, plusieurs voisins de l'Iran ont annoncé la fermeture de leurs frontières avec la République islamique pour éviter toute propagation de l'épidémie. Et en Asie, la Corée du Sud a proclamé l'état d'alerte maximum.

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a indiqué ce dimanche que la situation épidémique n'avait pas évolué en France où une seule personne reste hospitalisée. Quelque 70 hôpitaux supplémentaires vont néanmoins être « activés » pour faire face à une éventuelle propagation du virus. Entretien avec Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris, directeur de l’institut d’infectiologie à l’Inserm et expert auprès de l’OMS.

RFI : Le bilan s’alourdit en Italie : onze villes sont mises en quarantaine, le Carnaval de Venise a été prématurément stoppé. Doit-on s’en inquiéter en France ?

Pr. Yazdan Yazdanpanah : Effectivement, les cas en Italie ont été identifiés tardivement, mais je pense que l’Italie a tous les moyens en main pour mettre fin à la transmission. La France aussi. Depuis le début de l’épidémie, on a réussi à éviter des chaînes de transmission importantes, parce qu’on a détecté ces cas rapidement. Mais la France dépend des autres pays et c’est pourquoi il faut être attentif aux pays d’Asie du Sud-Est notamment. Cela ne sert à rien de tomber dans la psychose, il faut surveiller et continuer à faire ce que l’on sait faire.

Comment interprétez-vous les propos du président de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon lesquels la « fenêtre de tir » pour enrayer l’épidémie de coronavirus se rétrécit ?

Jusqu’à maintenant, l’épidémie était plutôt en Chine. Désormais, on observe des chaînes de transmission du virus dans d’autres pays. Pour l’instant, ces chaînes ne sont pas encore importantes, mais plus elles augmentent, plus cela va être difficile d’intervenir. Ce que le président de l’OMS a voulu dire, c’est qu’il n’est peut-être pas encore trop tard. En revanche, il faut vraiment agir dans chaque pays où il y a des chaînes de transmission en détectant les personnes touchées très rapidement, en les isolant, et en recherchant les individus avec lesquels elles ont été en contact.

Est-ce problématique que certaines personnes infectées par le coronavirus n’en présentent pas les symptômes ?

Oui, il semble qu’il y ait des cas de personnes asymptomatiques et nous ne savons pas si ces gens transmettent à leur tour le virus. C’est une possibilité, même si je pense qu’ils ont un faible impact sur la transmission. En tout cas, il est extrêmement difficile de les identifier. Commençons par le plus simple pour avancer, c’est-à-dire identifier les gens qui présentent des symptômes.

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