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Coronavirus: en réponse à Donald Trump, des industriels du médicament offrent de la chloroquine

Le président américain Donald Trump lors de son briefing quotidien à la Maison Blanche, le 19 mars 2020.
Le président américain Donald Trump lors de son briefing quotidien à la Maison Blanche, le 19 mars 2020. Brendan Smialowski / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

De la France à Israël, des industriels du médicament veulent participer à l'enthousiasme pour la chloroquine. Une réponse à Donald Trump, qui s’est montré optimiste ce jeudi 19 mars sur l’usage de cet antipaludéen, également connu sous le nom de Nivaquine, pour soigner le coronavirus. Le président américain veut la rendre disponible dès maintenant pour traiter le Covid-19. Certains infectiologues appellent cependant à la prudence.

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« C’est très excitant, je pense que cela va changer la donne ! » Donald Trump a vanté ce jeudi les mérites de la chloroquine pour traiter le coronavirus. Cet antipaludéen, très répandu, est utilisé depuis des années, notamment sous le nom de Nivaquine en France.

La chloroquine, dit Donald Trump, a montré des premiers résultats très encourageants. Des tests prometteurs ont en effet été menés en Chine et en France, à Marseille. Mais certains infectiologues appellent à la prudence. « Nous allons rendre ce médicament disponible immédiatement », a promis en tout cas le président américain.

Pas de vaccin avant au moins un an

L’autorité fédérale de régulation fait néanmoins savoir qu’elle n’a pas encore approuvé cet antipaludéen pour soigner le coronavirus. La chloroquine doit d’abord passer par un essai clinique plus large.

Un vaccin expérimental a été testé sur 45 personnes depuis ce lundi 16 mars à Seattle. C’est le premier test clinique au monde d’un vaccin pour le coronavirus. Il est développé par Moderna, une société américaine de biotechnologie. Interrogé par RFI, le PDG de Moderna appelle néanmoins à ne pas se réjouir trop vite. « Pas de vaccin avant 12 à 18 mois au mieux », nous assure-t-il. Et encore, ce délai serait un record mondial.

Dix millions de doses offertes aux hôpitaux américains

Malgré ces réserves, l'excitation de Donald Trump n'a pas manqué d'enthousiasmer l'industrie du médicament. Teva, le géant israélien des génériques, a annoncé ce vendredi 20 mars qu'il allait fournir gratuitement aux hôpitaux américains dix millions de doses de sa molécule antipaludique hydroxychloroquine, d'ici un mois. Les six premiers millions de doses leur seront fournis dès le 31 mars, précise la société.

« Nous nous sommes engagés à participer à la livraison sans contrepartie d'autant de doses que possible, puisque la demande pour ce traitement s'accélère », a indiqué le vice-président exécutif de Teva, Brendan O'Grady, dans un communiqué.

En France, trois quarts de patients d'une étude guéris au Plaquenil

En France, le laboratoire Sanofi s'était dit prêt dès ce mardi 17 mars à offrir des millions de doses de Plaquenil pour traiter potentiellement 300 000 malades. Cette molécule d'hydroxychloroquine est également utilisée depuis des décennies dans les maladies auto-immunes de type lupus ou polyarthrite rhumatoïde. Elle pourrait avoir un effet sur l'élimination du virus, avait indiqué ce lundi le professeur Didier Raoult, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille.

Selon l'étude menée par le professeur Raoult sur 24 patients atteints du coronavirus, six jours après le début de la prise de Plaquenil, le virus avait disparu chez les trois quarts des personnes traitées.

Fort de ces avancées médicales, Teva assure tout mettre en œuvre pour accélérer sa production d'hydroxychloroquine. La société israélienne entend également mener des recherches pour voir si dans son large catalogue de 3 500 médicaments, d'autres peuvent être utilisés pour combattre le Covid-19.

Dangers de l'automédication

L'annonce du président américain et le tapage autour de la chloroquine ces derniers jours ne sont pas sans conséquences. Il est assez simple de se procurer ce médicament, et une automédication peut être désastreuse si la posologie n’est pas respectée. Les effets secondaires sont nombreux, et parfois graves.

Tout aussi embêtant : la chloroquine est à la mode, et il y a un risque de tension sur la chaîne d’approvisionnement. Ce sont cette fois les malades qui en ont réellement besoin qui en pâtiraient, comme les personnes atteintes d’un lupus.

Pour preuve de cet emballement autour de cette molécule, son prix a été multiplié par plus de 150 sur des sites de revente en ligne. On peut y trouver 5 grammes de chloroquine pour 1 500 dollars.

À lire aussi : Coronavirus: le Maroc achète tout un stock de médicaments à base de chloroquine

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