Coronavirus: la recherche du patient zéro, un élément clé pour comprendre la pandémie

Un homme porte un masque de protection alors qu'il marche devant une pancarte indiquant des consultations sur la maladie à coronavirus (Covid-19). Ici, à l'entrée de l'hôpital de Vannes, France, le 10 mars 2020 (Photo d'illustration).
Un homme porte un masque de protection alors qu'il marche devant une pancarte indiquant des consultations sur la maladie à coronavirus (Covid-19). Ici, à l'entrée de l'hôpital de Vannes, France, le 10 mars 2020 (Photo d'illustration). REUTERS/Stephane Mahe

Le professeur Yves Cohen, chef du service de réanimation à l’hôpital Jean-Verdier, à Bondy, en Seine-Saint- Denis, a déclaré avoir détecté un patient positif au Covid-19 dès le 27 décembre. Cette annonce relance la recherche du patient zéro en France. Le terme de patient zéro désigne la première personne à avoir été contaminée par un agent pathogène, ici le Covid-19, menant à une épidémie.

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Pourquoi la découverte de ce patient zéro est-elle importante ? Sachant qu’il n’est pas forcément le premier malade, mais peut être un porteur sain, le trouver permet de retracer l’histoire du virus, autrement dit, de localiser le réservoir de la maladie. Il permet également de créer une cartographie de l’épidémie, de comprendre les modes et vecteurs de contamination, et en finalité, de prévenir de futurs cas, une future vague épidémique.

Pour identifier ce patient originel, les médecins et les autorités de santé mènent l’enquête. Pour cela, ils doivent remonter le fil des contagions potentielles. Qui la personne contaminée a-t-elle fréquenté ? Qui a pu lui transmettre le virus ? et dans quel sphère, familiale, professionnelle ? Dans quelles régions ou pays le patient s’est-il rendu ? Quel a été son emploi du temps pendant le temps de l’incubation ?

Dérouler le fil

Puis les personnes qui auront été en contact avec ce patient seront classées selon trois niveaux de risque: nul ou négligeable, faible, modéré ou élevé. Et petit à petit, le fil se déroulera.

Si le premier patient français a été contaminé en Chine par le coronavirus, il pourrait être, en terme épidémiologique, un patient de première génération. Mais le véritable patient zéro est, lui, probablement en Chine, où le virus est endémique.

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Le  « R0 », facteur de reproduction du virus : un indicateur essentiel

En France, alors que la sortie du confinement est prévue le 11 mai, les comportements ont tendance à se relâcher. Plus de gens dehors, cela veut dire plus de contacts, et c’est donc le virus qui circule un peu plus. Un relâchement qui se mesure avec un indicateur, qu’on appelle le R0 (R-zéro) sur lequel les autorités ont les yeux rivés, et qu'ils continueront de scruter lors du déconfinement.

Le R0 ou taux de reproduction du virus correspond au nombre de personnes que va contaminer chaque personne infectée. Si aucune mesure barrière n’est prise, telle que le port du masque, les experts estiment que ce taux pour le Covid-19 est d’environ 3 ; autrement dit, 10 individus atteints en infectent 30, qui à leur tour, vont en infecter 90 autres, etc. bref la courbe de l’épidémie est exponentielle ; c’est ce à quoi on a assisté dans de nombreux pays, dont la France avant le confinement.

Lorsque celui-ci a été mis en place dans l’hexagone, le R0 est descendu à 0,5 ; 10 personnes n’en contaminaient plus que 5, l’épidémie a ralenti, la vague a reflué.
Alors qu’est ce qui fait varier cet indicateur ?

Trois éléments : la durée de contagiosité d'une personne infectée, le risque de le transmettre lors d'un contact, et le nombre de contacts. Se laver les mains, porter un masque, diminuer ses interactions sociales, etc contribuent donc à faire baisser le R0.

En France, il semble remonter ces derniers temps, pour se situer à 0,6, signe d’un relâchement des comportements. Lors du déconfinement, le vrai défi sera de le maintenir en dessous de 1, sous peine de voir l’épidémie flamber rapidement.

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