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Coronavirus: l'OMS met en garde contre une hypothétique «immunité collective»

Une scientifique fait des recherches sur le coronavirus, au laboratoire de l'Institut Pasteur à Dakar, le 3 février 2020.
Une scientifique fait des recherches sur le coronavirus, au laboratoire de l'Institut Pasteur à Dakar, le 3 février 2020. Seyllou / AFP
Texte par : Jérémie Lanche
4 mn

L'immunité de groupe, ou immunité collective, est-elle une solution crédible dans la lutte contre le Covid-19 ? Le principe consiste à laisser le virus se propager dans la population pour qu'elle puisse développer des anticorps. La Grande-Bretagne y a songé, avant de faire marche arrière. La Suède et les Pays-Bas semblent s'y préparer. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d'alarme : rien n'indique que l'immunité de groupe fonctionne. Ni qu'elle soit très humaine.

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De notre correspondant à Genève,

« En épidémiologie animale, on s'inquiète du bien-être global du troupeau, un animal seul ne compte pas. Les humains ne sont pas des animaux. »

« Immunité de troupeau », c'est le terme, en anglais, pour parler d'immunité collective. L'expression fait bondir le chef des opérations d'urgence à l'OMS, Mike Ryan. Pour lui, cette hypothèse ne tient pas. Déjà, parce qu'on ne sait toujours pas si les personnes qui ont été malades du Covid-19 sont vraiment immunisées et pour combien de temps.

Et aussi parce qu'en plus d'être hasardeuse, la stratégie de l'immunité collective ne serait pas éthique : « Cette idée, qui consiste à dire que les pays qui ont pris les mesures les moins restrictives, ces pays vont par miracle atteindre une immunité collective, et tant pis si quelques personnes âgées meurent entre-temps... C'est un calcul qui est vraiment très très dangereux », estime Mike Ryan.

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Et c'est ce calcul qui fait peur à l'OMS. Car contrairement à ce que les études laissaient penser au début de la pandémie, le nombre de cas considérés comme graves pourraient être plus élevé en proportion avec moins de cas asymptomatiques que prévu. Si la maladie se diffusait sans aucun contrôle, le nombre de morts pourrait alors se compter par millions. Il est aujourd’hui d'un peu moins de 280 000.

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