Crèmes solaires et anti-âge: un ingrédient suspecté d'être cancérigène

Une équipe de chercheurs franco-américaine a analysé une quinzaine de crèmes solaires et anti-âge achetées en France et aux États-Unis (image d'illustration).
Une équipe de chercheurs franco-américaine a analysé une quinzaine de crèmes solaires et anti-âge achetées en France et aux États-Unis (image d'illustration). ullstein bild via Getty Images - ullstein bild

Attention à certaines crèmes anti-âge ou solaires qui dorment dans vos placards. Au fil du temps, un des ingrédients – l’octocrylène –, fréquent dans ce type de produits, se transforme en un composé suspecté d’être cancérigène, selon des chercheurs qui appellent à le bannir des produits de soins personnels. 

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C’est ce qui ressort d’une étude portant sur 16 crèmes, menée conjointement par des chercheurs américains et des scientifiques français de Sorbonne Université et du CNRS. Ils ont analysé la composition chimique de ces produits au moment de l’achat puis au bout d’un an de vieillissement, comme l'explique l’un des auteurs de l’étude, Didier Stien. Il est chimiste et directeur de recherche au CNRS.

On a démontré que l’octocrylène naturellement dans le produit cosmétique se dégradait petit à petit pour produire une autre molécule en fait qui s'appelle la benzophénone. Et quand le tube vieillit la quantité de benzophénone dans le tube augmente.

Didier Stien, directeur de recherche au CNRS

Leurs travaux paraissent ce lundi dans une revue spécialisée de la Société américaine de chimie, Chemical Research in Toxicology.

La benzophénone est classée comme « peut-être cancérogène pour l'homme (Groupe 2B) », par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC/Iarc) de l'OMS. Et selon cette agence sanitaire, il existe des preuves suffisantes chez les animaux de laboratoire du risque de cancers dus à la benzophénone.

Chez l'animal, l'exposition à la benzophénone induit des cancers du foie et des lymphomes, notent les chercheurs qui pointent également des problèmes dermatologiques.

« Des augmentations de benzophénone dépassant les 100% et même atteignant les 200% ont ainsi été observées », indique le Pr Lebaron. « C'est la première fois que l'on montre cette dégradation de l'octocrylène en benzophénone. » Un argument de plus, selon le biologiste, pour l'interdire dans les produits de soins personnels.

Soulignant que cette substance est facilement absorbée par la peau, les chercheurs estiment que les produits à base d'octocrylène, et donc contaminés par de la benzophénone, peuvent constituer une menace pour la santé ainsi que pour l'environnement.

(Avec AFP)

 

 

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