Malgré le Covid, la pollution aux micro-particules n'a pas épargné la plupart des pays en 2020

En 2020, beaucoup de pays ont connu une amélioration temporaire de la qualité de l'air.
En 2020, beaucoup de pays ont connu une amélioration temporaire de la qualité de l'air. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Malgré la baisse significative des activités polluantes en raison de la pandémie de Covid-19, les trois quarts des pays ont connu une pollution aux micro-particules, responsables de nombres décès prématurés, selon un rapport publié ce mardi.

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Les micro-particules ce sont ces particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 micromètres), soit un diamètre correspondant à un trentième d'un cheveu humain, dont la petitesse permet de pénétrer dans le système sanguin via les poumons, entraînant asthme, cancers des poumons ou maladies cardiaques. Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elles sont responsables de la majorité des sept millions de morts prématurées à travers le monde attribués à la pollution de l'air. Et elles peuvent être générées par des tempêtes de sable, des feux de forêt, l'agriculture, l'industrie et la combustion d'énergies fossiles.

Niveaux de pollution de l'air en baisse dans 84% des pays

Plusieurs études avaient permis de constater une amélioration e la qualité de l'air en 2020, où l'épidémie de Covid-19 a mis un sérieux coup de frein à certaines activités polluantes comme le trafic aérien. On aurait donc pu espérer voir la majorité du monde repasser dans le vert. Mais si selon un rapport compilé par la branche de recherche de la société suisse IQAir et Greenpeace à partir de données de stations de surveillance terrestres, pour les deux tiers opérées par des institutions publiques, 84% des pays ont connu une baisse des niveaux de pollution de l'air aux particules fines, sur 106 pays avec des données disponibles, seuls 24 respectaient les normes de l'OMS.

« De nombreuses régions du monde ont connu des améliorations inédites, mais temporaires, de leur qualité de l'air en 2020, les restrictions dues au Covid ayant entraîné une baisse brutale de la consommation d'énergies fossiles », a souligné Lauri Myllyvirta du Centre de recherches sur l'énergie et l'air (CREA), qui a également collaboré à l'étude.

Une baisse temporaire donc. Mais qui, selon cet analyste cité dans un communiqué, a tout de même permis « d'éviter des dizaines de milliers de décès » dans le monde. D'autant que des études ont par ailleurs suggéré qu'une exposition à la pollution de l'air accroît la vulnérabilité au Covid-19 et favorise peut-être la circulation du virus.

New Delhi, Dacca, Oulan-Bator, capitales les plus polluées

Comme les années précédentes, l'Asie du Sud et de l'Est ont été les régions les plus affectées par les PM2,5 en 2020 : le Bangladesh, l'Inde et le Pakistan concentrent 42 des 50 villes les plus polluées au monde, 49 sur 50 si on y ajoute la Chine, où 86% des villes mesurées ont pourtant enregistré une amélioration globale. Parmi les capitales, New Delhi était la plus polluée comme en 2019, avec plus de huit fois la dose maximale recommandée par l'OMS. Suivent Dacca, Oulan-Bator, Kaboul et Doha. Islamabad est 11e, Pékin 15e. À l'autre extrémité du tableau, Stockholm, Helsinki et Wellington sont les capitales les moins affectées.

Rare exception à la baisse mondiale, les États-Unis ont enregistré une augmentation moyenne de 6,7% de la pollution aux PM2,5, attribuée aux méga-feux qui ont notamment ravagé le nord-ouest du pays. Au point que 38% des villes américaines étudiées n'ont pas respecté les normes OMS en 2020, contre 21% en 2019.

(avec AFP)

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