Mission Alpha: Thomas Pesquet en route vers l'ISS

L'équipe de la Mission Alpha: (de g à d) Shane Kimbrough, Megan McArthur, Thomas Pesquet et Akihiko Hoshide.
L'équipe de la Mission Alpha: (de g à d) Shane Kimbrough, Megan McArthur, Thomas Pesquet et Akihiko Hoshide. © SpaceX via AP / Montage Studio graphique FMM

Ce vendredi 23 avril, à 11h49 (heure française), une fusée Falcon 9 de SpaceX s’est élancée depuis le Centre spatial Kennedy en Floride. À bord, quatre astronautes en route vers la Station spatiale internationale : Thomas Pesquet, Shane Kimbrough, Megan McArthur et Akihiko Hoshide. 

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De notre envoyé spécial à Cap Canaveral, 

C’est une habitude perdue qui revient : une campagne de lancement d’astronautes depuis le Centre spatial Kennedy en Floride. La troisième depuis mai 2020, après un hiatus de presque 10 ans et l’arrêt du programme de la navette spatiale. « C’était une période difficile », se souvient Derrol Nail qui commente aujourd’hui les lancements sur NASA TV. « Au début, il y a eu une grande déception, des employés ont dû partir, le personnel du centre s’est réduit. » À l’époque, sans fusée, sans moyen souverain de rejoindre la Station spatiale internationale, les États-Unis sont contraints de faire appel à Roscosmos, l’agence spatial russe, pour faire monter leurs astronautes à bord des Soyouz. Le personnel du Centre spatial Kennedy passe d’un peu plus de 20 000 employés à 8 000 environ.

Pour y remédier, la Nasa lance le Commercial Crew Program : faire appel à des entreprises privées pour retrouver sa souveraineté en la matière. « C’est un peu différent, mais dans son ensemble, la mission ne change pas. Nous avons de nouveau un accès à l’espace depuis le sol américain et c’est très important », estime Derrol Nail.

En l’occurrence, deux sociétés sont choisies : Boeing et SpaceX. C’est cette dernière, en avance, qui a effectué le premier vol marquant cette fierté retrouvée en mai 2020. Celle de Thomas Pesquet est la troisième menée par l’entreprise. La Nasa ne possède plus la fusée, mais cela lui convient : « Cela nous permet d’allouer moins de ressources à la desserte de la Station spatiale et à l’orbite basse de la Terre », estime John Posey, ingénieur principal du programme côté Nasa. « Mon équipe est bien moins importante qu’à l’époque de la navette et c’est un vrai bénéfice pour l’agence qui peut se concentrer sur l’exploration plus lointaine. »

Le bâtiment où SpaceX assemble ses fusées. La Falcon 9 de Thomas Pesquet est déjà en place sur les pas de tir 39A.
Le bâtiment où SpaceX assemble ses fusées. La Falcon 9 de Thomas Pesquet est déjà en place sur les pas de tir 39A. © Simon Rozé / RFI

Ainsi pour cette mission vers la Station spatiale internationale, c’est SpaceX qui est à la manœuvre et l’entreprise n’a pas hésité à apporter avec elle ses méthodes avec au premier rang la réutilisation. Le premier étage de sa fusée Falcon 9 ainsi que la capsule Dragon à son sommet au bord de laquelle prennent place les astronautes vont en effet être utilisés pour la seconde fois. Une révolution dans les usages de la Nasa.

Autre impact de cette sous-traitance, le déroulé de la séquence de lancement : « C’est une chorégraphie minutée absolument remarquable », estime Philippe Willekens, le chef du département communication de l’Agence spatiale européenne dont fait partie Thomas Pesquet. « Les astronautes vont arriver en Tesla [autre société d’Elon Musk, propriétaire de SpaceX ; ndlr] depuis le bâtiment où ils auront revêtu leur combinaison spatiale sortie du futur. » L’entreprise a en effet conçu ses propres combinaisons spatiales, en leur donnant un aspect tout droit sorti d’un film de science-fiction. La fusée est installée sur les pas de tir 39A du Centre spatial Kennedy, le plus emblématique : c’est d’ici qu’ont décollé les missions Apollo vers la Lune ainsi que les navettes spatiales.

La capsule Dragon et la passerelle qui permet d’y accéder, au sommet de la fusée Falcon 9.
La capsule Dragon et la passerelle qui permet d’y accéder, au sommet de la fusée Falcon 9. © Simon Rozé / RFI

Le reste est en revanche plus traditionnel : « Ils vont arriver au pied du lanceur, vont en faire le tour et prendre l’ascenseur pour gagner la passerelle. Là, ils auront quelques minutes pour passer un dernier coup de fil à la famille. Ils gagnent ensuite une petite salle blanche où ils poseront une signature, un petit autographe. Ils vont enfin s’installer dans la capsule et tous les processus de vérification vont commencer. »

On sera alors environ deux heures avant le lancement. À 5h49’2’’, les neuf moteurs Merlin à la base du lanceur Falcon 9 vont s’allumer et l’engin va commencer son ascension dans le ciel de Floride. Il ne lui faudra qu’une petite dizaine de minutes pour rejoindre l’espace. Après quoi, la capsule Dragon mettra environ 23 heures avant de rattraper la Station spatiale internationale et commencer la procédure d’amarrage. Deux heures plus tard, le temps de s’assurer de l’étanchéité du lien entre le vaisseau spatial et l’ISS, le sas sera ouvert et Thomas Pesquet, Shane Kimbrough, Megan McArthur et Akihiko Hoside pénétreront à l’intérieur : le début de leur mission de six mois.

À  lire aussi : Quelle sera la mission de Thomas Pesquet à bord de l'ISS?

 

La mission Alpha est à vivre sur RFI !

Tout au long de son séjour à bord de la Station spatiale internationale, Thomas Pesquet partagera son quotidien avec les auditeurs de RFI. Tous les mois, l’astronaute français nous racontera dans un journal de bord vidéo les moments forts de sa mission.

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