L’appel de la forêt, un antidote au stress

Le simple fait de se promener au milieu des arbres, dans un bois ou dans un parc renforcerait le corps et apaiserait l’esprit.
Le simple fait de se promener au milieu des arbres, dans un bois ou dans un parc renforcerait le corps et apaiserait l’esprit. © Corinne Binesti/RFI

Contempler les arbres, les enlacer, écouter la sève... La sylvothérapie, plus communément surnommée « le bain de forêt », serait un remède imparable contre le stress. Une pratique qui connait aujourd'hui beaucoup de succès.

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« Je me souviens d’une promenade dans les Cévennes. On avait vu un grand hêtre qui avait été foudroyé. Pourtant, il était toujours vivant et une partie de son tronc était à nu. Alors, je me suis approché de lui et j’ai posé mon oreille sur son tronc. Et j’ai entendu sa sève ! », raconte Mathéo, 12 ans. Accompagné de ses grands-parents et de son frère, il part en famille s’immerger dans une forêt de pins située près de Mazarques, un village aux portes des calanques de Morgiou et Sormiou à Marseille.

Comme lui, Adrien, 9 ans, aime enlacer les arbres, fermer les yeux et respirer tranquillement adossé au grand végétal. « Un arbre c’est comme un géant qui dort. Alors je m’appuie contre lui et je me repose moi aussi » dit-il. Marcher, observer, respirer la nature et choisir instinctivement son arbre serait le moyen de se ressourcer en énergie pour retrouver enfin sa dimension humaine loin du béton et des bruits de la ville. Aussi le « shirin yoku » ou encore sylvothérapie, est une pratique aux vertus thérapeutiques qui puise son origine au Japon. Et depuis 1982, le programme national de santé préventive nippon le recommande.

Les arbres ont un impact sur le corps

Loin des pensées parasites, le simple fait de se promener au milieu des arbres, dans un bois ou dans un parc renforcerait le corps et apaiserait l’esprit. « Des analyses très sérieuses ont été réalisées dans des hôpitaux japonais sur un panel de personnes adeptes de la sylvothérapie, explique Clothilde Rolland, naturopathe et guide en sylvothérapie. Les chercheurs ont pris la tension des promeneurs avant puis après un bain de forêt. Résultat, leur pression artérielle s’était modifiée et avait baissé ».

Pionnière du « zen shiatsu » en France, Danielle Chevillon qui vit à Marseille a été formée au Japon par Shizuto Masunaga, un éminent maître shiatsuki. La praticienne qui a vécu dans cette île où la nature est vénérée raconte: « Il faut comprendre que les cinq éléments que sont le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau, constituent la théorie de la médecine traditionnelle chinoise dont certains fondements du shiatsu sont issus. Aussi, chacun de ces éléments correspond à une saison. Le bois par exemple, donc l’arbre, symbolise le printemps. Mais ce n’est pas tout. Chacun de ces éléments correspond aussi à des fonctions organiques, liées les unes aux autres par un courant d’énergie. Le bois renvoie pour sa part au foie et à la vésicule biliaire ».

Elle ajoute: « Les arbres ont un impact énergétique sur le corps. Le contact, le toucher du végétal constituent une harmonie essentielle au bien-être ». Puis de préciser que le choix du printemps pour nettoyer ses organes, en faisant notamment un jeûne, n’est pas fait au hasard. En effet ce « nettoyage de saison » correspond à un cycle de renouveau où le corps tout comme la nature se régénère.

La vie des arbres ressemble à celle des hommes 

Dans la forêt de pins marseillais, Gilbert lui, a choisi un petit arbre au tronc tordu qui lui permet de s’assoir. Il l’enjambe délicatement puis se pose sereinement. Le silence prend alors toute la place et les aiguilles du conifère diffusent leurs effluves.

« Lors de sorties en forêt, je demande toujours aux personnes d’écouter d’abord leur coeur et leur intuition, explique la guide en sylvothérapie. Car rencontrer un arbre c’est d’abord un appel ». Elle poursuit: « Pendant le rituel, les promeneurs prennent le temps de s’imprégner de la nature avant de se présenter à l’arbre qu’ils ont choisi. On l’observe, on peut caresser ses feuilles, toucher son tronc, et même tenter d’écouter sa sève … ». Les plus pudiques quant à eux s’isolent loin des regards. Quoi qu’il en soit, les émotions sont là: « C’est fort ! » dit Clothilde Rolland. « Quand vous observez un arbre âgé de 300 ans, vous ne pouvez pas faire l’impasse. Forcément vous vous demandez ce qu’il a bien pu voir…» ajoute-t-elle.

Mais la vie des arbres ressemblerait pourtant à celles des hommes. Chacun d’entre eux fonctionnant en dépendant des autres, mais tout en ayant chacun sa propre énergie. Pour l’heure, en ces temps de pandémie et de confinement, la nature apporte énergie et réconfort. Aussi, qu’ils vivent en forêt, dans un parc ou dans un simple jardin, le grand végétal soutient l’humain: « C’est ancestral. Ils font partie de nous, ponctue la guide. On va naturellement vers eux. C’est instinctif. C’est inscrit dans notre ADN ».

En ces temps de pandémie et de confinement, la nature apporte énergie et réconfort.
En ces temps de pandémie et de confinement, la nature apporte énergie et réconfort. © Corinne Binesti/RFI

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