Priorité Santé

Quand je fais du sport, je me vide la tête

Le sport permet souvent de se détendre et de réduire l'anxiété.
Le sport permet souvent de se détendre et de réduire l'anxiété. © iStock/Geber86

Chaque semaine, le Dr Jean-Marc Sène, médecin du sport, présente sa chronique sport dans Priorité Santé. Aujourd'hui, il nous explique pourquoi beaucoup des personnes constatent qu’en faisant du sport, cela leur permet de « se vider la tête », c’est-à-dire d'être moins anxieux, plus détendu...

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Le sport déclenche une poussée des neurotransmetteurs, les messagers chimiques du cerveau. Le cerveau diffuse de la dopamine qui intervient dans le circuit de la récompense. Vous vous sentirez aussi mieux grâce à un pic de sérotonine, un neurotransmetteur bien connu pour son effet sur l’humeur et la dépression.

L’organisme sécrète également des endorphines, responsables d’une sensation de bien-être. On déclenche le circuit de la récompense ! Si une activité déclenche au niveau du cerveau une décharge qui procure une sensation de bien-être, la personne va chercher à refaire cette activité. Cela marche pour le sport, mais pas que...

C’est quoi ce « circuit de la récompense » ?

Manger, boire, se reproduire ou avoir un comportement maternel sont toutes des activités essentielles pour la survie de l’individu et de l’espèce. Au cours de l’évolution, la sélection naturelle a associé à ces comportements de fortes sensations de satisfaction.

Un véritable circuit de la récompense s’est donc développé pour favoriser ces comportements reliés à nos besoins fondamentaux. Ce circuit s’est ensuite élargi pour nous inciter à répéter les expériences plaisantes apprises au cours de la vie. Le circuit de la récompense est donc au cœur de notre activité mentale et oriente nos comportements. Ce circuit contient un maillon central qui joue un rôle essentiel. Il s’agit de petits groupes de neurones situés au cœur du cerveau !

Le messager chimique qui assure la connexion entre ces neurones est la dopamine. C’est au niveau de l’hypothalamus, à cet endroit précis que la plupart des drogues agissent et produisent une dépendance

Est-ce que cela ne risque pas de conduire à des excès ?

Dans la majorité des cas, l’activité physique a un effet bénéfique sur la psyché, mais attention aux excès !

Bigorexie : excès d’activité physique qui va pousser à chercher à faire toujours plus, courir plus longtemps.

La Bigorexie, maladie reconnue par l'OMS depuis 2011, est une addiction qui concerne les personnes devenues dépendantes d'une pratique excessive du sport, notamment pour développer leur masse musculaire. Le risque de dépendance est présent chez les sportifs amateurs qui dépassent environ 10 h par semaine.

Cette addiction oblige la personne atteinte à ne plus pouvoir se passer de sport. Celle-ci ne se sent pas bien lorsqu'elle ne peut pratiquer son activité sportive. La vie quotidienne d'une personne atteinte de bigorexie est entièrement organisée autour du sport pouvant provoquer des problèmes familiaux et professionnels. Pratiquer son sport devient une obsession qui prend toute la place dans la vie quotidienne. Les personnes les plus concernées sont celles qui font du culturisme et de l'endurance.

Le sport entraîne une libération d'endorphines à l'origine d'un bien-être et d'une sensation de plénitude. Lors d'une addiction, les sportifs sont à la recherche sans cesse davantage de ce « plaisir » pouvant conduire à une véritable compulsion. Entrainant blessures, problèmes familiaux, professionnels et sociaux de manière générale.

Dans le sport comme dans la vie « un peu de tout et rien en excès ! »

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