Jour du dépassement : à partir de ce 29 juillet, l’humanité vit à crédit

Zone de déforestation en Amazonie (image d'illustration).
Zone de déforestation en Amazonie (image d'illustration). RAPHAEL ALVES / AFP

Ce jeudi 29 juillet 2021 est le jour du dépassement de la Terre. Selon le calcul annuel de l'ONG Global Footprint Network, l’humanité est arrivée à bout des ressources que la Terre est capable de renouveler pour une année. Un jour symbolique.

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À partir d’aujourd’hui donc, l’humanité vit à crédit. Chaque année le calcul est réalisé par l’ONG Global Footprint Network à partir de données mondiales et le résultat est frappant : pour vivre comme nous le faisons et répondre aux besoins des hommes en ressources écologiques, nous aurions besoin non pas d’une mais bien de 1,7 planète.

Symbole de la surconsommation, ce jour du dépassement de la Terre ne cesse d’avancer avec les ans. Si l’année 2020 nous avait accordé un répit de trois semaines grâce à l’arrêt des activités lors des confinements, avec la reprise économique, nous sommes revenus en 2021 au même stade qu’en 2019.

Un rappel de l'urgence climatique

« Ces données montrent clairement que les plans de relance de l'ère post-Covid 19 ne peuvent réussir à long terme que s'ils s'appuient sur la régénération et la gestion raisonnée des ressources écologiques », estime Laurel Hanscom, PDG de Global Footprint Network.

Plus frappant encore, en 1970 le jour du dépassement de la Terre arrivait le 30 décembre. En clair, en 50 ans, nous avons perdu l’équivalent de cinq mois. Et cinq mois c’est long, surtout quand on vit dans le rouge, c'est à dire sur des ressources techniquement inexistantes. 

 « Si nous avions besoin d’un rappel de l’urgence climatique et écologique, le Jour du dépassement de la Terre s’en charge », a indiqué Susan Aitken, responsable politique à Glasgow, ville qui accueillera la COP26 sur le climat en novembre prochain.

L'Afrique consomme moins, mais la situation se dégrade

L'Afrique ne représente pourtant qu'une part infime de cette consommation de ressources. Lucas BouguetD’après l’ONG américaine Global Footprint Network, l’Afrique consomme annuellement 70% de ce que les écosystèmes de la planète peuvent régénérer. À l'inverse d'autres régions du monde. .

Mais d'année en année, la situation se dégrade. En 1970, le continent africain n'avait besoin que de 53 % des capacités totales de ce que la nature peut apporter. C'est près de 20% de plus aujourd'hui. La population toujours plus nombreuses accentue la pression sur les ressources disponibles, notamment le bois quand dans le même temps la capacité des écosystèmes à se régénérer diminue. 

Si l'Afrique a aujourd'hui dans une balance positive, il existe des disparités au sein même du continent. Á titre d'exemple, l'Afrique du Sud est le pays qui consomme le plus. Cette année, le jour de dépassement n'aurait pas eu lieu le 29 juillet, mais le 4 de ce mois, tandis qu'en Égypte, ce sera le 24 novembre prochain. 

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