Priorité Santé

Le sport fait-il grandir ?

Certaines études indiquent que les enfants sportifs sont légèrement plus grands que les autres.
Certaines études indiquent que les enfants sportifs sont légèrement plus grands que les autres. © Pixabay/mathgun

Chaque semaine, le Dr Jean-Marc Sène, médecin du sport, présente sa chronique sport dans Priorité Santé. Cette semaine, il nous parle du lien supposé entre sport et croissance.

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On prête souvent au sport une influence, bénéfique, sur les processus de croissance. Est-ce une réalité ?

Rien n’est moins sûr, beaucoup de discussions scientifiques. Certaines études indiquent que les enfants sportifs sont légèrement plus grands que les autres. Voilà qui accréditerait l'idée d'un effet bénéfique du sport sur la croissance. Il se pourrait que les heures de dépenses énergétiques augmentent la durée du sommeil lent, propice à la production d'hormones de croissance.

C'est possible. À moins, bien entendu, que la cause ne soit plus simplement que les enfants les plus grands sont tout simplement plus friands de sport que les petits. Ce qui n'aurait rien d'étonnant ! Après tout, une grande taille constitue un avantage indéniable dans beaucoup de disciplines sportives.

Reste qu’il existe une influence du sport à très haut niveau sur la croissance des jeunes : lorsque l’entraînement est intensif, au-delà de 18 heures par semaine, il peut dérégler certaines hormones. 

Des études ont mis en évidence une concentration en IGF-1, peptide stimulant la croissance produit en réponse à l’hormone de croissance, inférieure chez les jeunes gymnastes de haut niveau par rapport aux autres jeunes filles du même âge. Un retard dans la croissance peut avoir lieu….

Un excès de sport peut donc nuire à la croissance ?

Absolument, c’est d’ailleurs une des conclusions de l’académie de médecine.

Si la pratique du sport chez l’enfant ou l’adolescent est conseillée pour leur épanouissement physique et psychologique, une activité sportive trop intensive dans ces périodes de la vie chez des sportives de haut niveau, peut engendrer des effets délétères sur :

  • la croissance
  • le développement osseux
  • le métabolisme
  • le développement pubertaire

Les causes de ces effets néfastes sont multiples :

  • entraînements très intensifs
  • contrôle excessif de la silhouette et donc des apports nutritionnels
  • troubles endocriniens et métaboliques
  • blessures musculo- tendineuses, osseuses et articulaires.

Une prise de conscience de ces conséquences devrait avoir lieu et devrait entrainer des informations précises aux sportives sur les risques et une formation des encadrants.

Les fédérations sportives les plus concernées devraient proposer une surveillance médicale adaptée et des recommandations spécifiques pour les sports de silhouette ou sports d’apparence.

Comment savoir que son enfant ne pratique pas trop de sport  ?

Les chercheurs du Centre médical de l’Université de Loyola en Californie, ont en effet démontré que l’âge représentait le temps maximum de pratique : pour les enfants de 6 ans pas plus de 6 heures par semaine en diversifiant les disciplines. Ou si un jeune pratique le tennis à 12 ans doit avoir un temps de pratique maximum de 12 heures, entrainement et compétitions comprises.

Car ces chercheurs se sont aperçu que les jeunes qui pratiquent une seule et même discipline de façon intensive sont davantage à risque de fracture de fatigue et de maladies de croissance.

Ces chercheurs recommandent :

  • d’alterner les entraînements sérieux et les distractions
  • de ne pas se spécialiser dans une seule discipline avant la fin de l’adolescence
  • ne pas non plus s’entraîner toute l’année, mais de s’accorder un à trois mois de repos
  • de prendre au moins une journée de repos par semaine.

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