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Vendée Globe: Jean Le Cam, "une gueule" de héros de la mer

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Paris (AFP)

"Petit, il rêvait de faire de la danse classique". Aujourd'hui, Jean Le Cam est un grand homme de la mer, sexagénaire à la passion dévorante qui brave les éléments de façon spectaculaire pour sauver la vie d'un concurrent, Kevin Escoffier, avant de reprendre la course. Tout naturellement.

"Jean c'était un peu le fils, le gamin de la maison, l'insupportable aussi d'ailleurs parce qu'il a toujours eu un caractère très tranché, sa mère se désespérait quelques fois un peu de lui", raconte à l'AFP, Jacqueline Tabarly, veuve d'Eric Tabarly, avec qui Jean Le Cam a fait son premier tour du monde.

La rencontre entre les deux hommes se fait quand Le Cam décide de faire son service militaire à bord d'un bateau. "Jean est très timide, et là il a pris sa 2 CV, il est arrivé chez les Tabarly, il a toqué à la porte et a demandé à voir Eric", explique Anne Le Cam, la femme de Jean.

Tabarly embarque Le Cam pour la Withbread, la grande course autour du monde en équipage. Les deux marins navigueront encore plusieurs fois ensemble.

"Eric avait confiance en Jean, il savait que Jean était un peu +braque+ quelques fois mais que c'était un gars bien, avec qui il aimait parler bateau et faire du bateau. Ils se complétaient bien, c'était des garçons qui ne parlaient pas quand ils n'avaient rien à dire", poursuit Jacqueline Tabarly, que Le Cam appelle "Marraine" (elle est la marraine de tous ses bateaux).

- L'entente avec Tabarly -

"Jean s'entendait très bien avec mon mari qu'il a traité d'idiot quand ils ont cabané plus ou moins aux Antilles !", ajoute Mme Tabarly, en référence au chavirage du bateau Bottin Entreprise de Jean Le Cam, en 1989, quand Tabarly était à la barre.

Son ami d'enfance témoigne aussi de quelqu'un de "totalement nature".

"Il a une gueule, une gueule de marin, il a les yeux plissés par le soleil mais aussi par son envie d'aller où il veut. Il n'est pas lisse", confie Gaëtan Gouerou, qui formait un trio avec Le Cam et Hubert Desjoyeaux.

Les trois hommes ont créé en 1986 le chantier CDK Composite à la Forêt Fouesnant - coeur historique de la course au large - pour construire des bateaux innovants.

"Olivier de Kersauzon nous avait surnommés 'la vallée des fous' ! On était assez novateurs, on a été parmi les premiers à utiliser des matériaux composite utilisés dans l'aéronautique. On était liés tous les trois, Jean était le marin, Hubert le technicien et moi le gratte-papier", se souvient Gaetan Gouerou.

Et quel marin ! Le Cam a remporté notamment trois fois la Solitaire du Figaro (1994, 1996, 1999), mais aussi la Barcelona World Race en 2015 (course autour du monde en double), la Transat Jacques-Vabre (2013) et a terminé trois Vendée Globe (2e en 2004, 5e en 2012, 6e en 2016).

- La danse comme défouloir -

"Quand il est complètement dans son élément, sur l'eau, c'est un personnage adorable, attentionné, c'est juste un moment de bonheur d'être avec lui sur l'eau, réellement. Et ce sont des moments difficiles à trouver sur la terre où il a les mains dans la colle, à bricoler quelque chose avec 10.000 idées en tête et vous avez vite fait de lui casser les pieds !", dit encore Gaëtan Gouerou.

Nombreux sont ceux qui se sont pris de passion pour Jean Le Cam - y compris le président de la République Emmanuel Macron - depuis le 8 novembre et le départ de son cinquième Vendée Globe (Yes We Cam!), un projet qu'il a pu mener grâce à son fidèle partenaire Crédit Agricole Finistère mais aussi Ibis Sport.

Le marin breton a surpris par son habilité à rester dans le peloton de tête malgré un bateau vieux de 13 ans qu'il connaît sur le bout des doigts.

Le navigateur à la chevelure noire bouclée a plu aussi par ses mots d'esprit, qui font beaucoup rire. Malgré lui.

"Il est hermétique aux blagues, il ne comprend rien aux jeux de mots. Il n'est pas du tout second degré ! Il nous fait hurler de rire mais il ne comprend pas pourquoi", raconte Anne Le Cam, à la tête d'une famille recomposée de quatre enfants.

Heureux plus que tout en mer, Jean Le Cam aime quelques plaisirs de la terre. "Le bon vin, la bonne chère, ce sont ses antidépresseurs", dit sa femme. "Et son défouloir c'est la danse. Il adore danser le rock. Petit, il rêvait de faire de la danse classique".

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