Mondial-2021 de hand: le Qatar vit sa traversée du désert

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Doha (AFP)

Six ans après sa finale dans son Mondial à domicile, le Qatar peine à confirmer sur la scène internationale du handball. Après avoir raté sa qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo, l'émirat gazier a une revanche à prendre lors du Mondial-2021 qui débute pour lui vendredi.

L'investissement du Qatar dans le handball ne se limite pas à l'équipe de stars construite avec le Paris SG, qu'il ambitionne de transformer en grand club omnisports: la sélection qatarienne bâtie à coups de naturalisations, s'était hissée jusqu'en finale du Mondial remportée par la France 25-22 en 2015.

L'ambition est cette année plus modeste: "L'objectif est de faire partie des huit premières équipes" affiche l'entraîneur Valero Rivera, le technicien de l'exploit.

Même si le tournoi égyptien, casé à deux mois des tournois de qualification olympique et six des Jeux en question, sera propice aux surprises, la sélection qatarienne, qui peut en faire un objectif à défaut des JO cet été après son échec dans le tournoi asiatique de qualification, déploie une grande prudence.

Sa défaite d'entrée il y a deux ans face à l'Angola (24-23) --que le Qatar retrouve à nouveau vendredi pour son entrée dans la compétition--l'avait privée du tour principal du dernier Mondial.

Le pivot qataro-tunisien Youssef Benali, protagoniste de l'aventure de 2015, préfère donc ne pas s'avancer: "On veut avoir un bon niveau, un bon jeu, une bonne qualité, ébauche-t-il simplement dans un entretien à l'AFP. Et bien sûr, on va tout faire pour défendre notre pays et nos couleurs."

Comme le PSG, qui n'a toujours pas remporté la Ligue des champions de handball malgré sept titres nationaux, les Qatariens, quadruples champions d'Asie en titre, ne confirment pas au niveau supérieur.

Douchés par le Bahreïn (28-26) en demi-finale du tournoi asiatique de qualification olympique, ils manqueront le rendez-vous de Tokyo.

- "Préparation respectable" -

Même si un "changement de génération" a été enclenché via l'intégration de "beaucoup de jeunes", comme le décrit Youssef Benali, l'ossature de l'équipe reste constituée de joueurs de 2015.

A commencer par l'inusable gardien Danijel Saric (43 ans), Bosnien d'origine. Mais aussi l'arrière cubain Rafael Capote (33 ans), le pivot d'origine syrienne Kamal Al Din Mallash (29 ans) ou encore l'arrière bosnien Eldar Memisevic (28 ans)...

Un groupe C "difficile" les attend de l'aveu de leur entraîneur avec la Croatie, finaliste du dernier Euro, et le Japon pour accompagner l'Angola.

L'équipe, en stage à Doha, a eu une "préparation (qui) n'est pas la meilleure mais respectable", décrit Youssef Benali.

Malgré le contexte sanitaire, le Qatar a pu se tester avec une série de matches amicaux à domicile rassurant fin décembre.

"On a battu la Tunisie (33-30), une belle équipe, et l'Argentine (24-22) qui progresse d'année en année", rappelle Benali qui a fini par s'incliner contre l'Espagne (28-26).

"Ils ont beaucoup plus de joueurs qui évoluent en Europe, qui ont du rythme, de l'expérience et de la qualité. C'était un très, très bon match, plaide le pivot. On a fait quelques erreurs dans les dernières minutes et ça a permis à l'Espagne de faire l'écart."

Bonne nouvelle, le Qatar ne peut pas croiser la route de l'Espagne avant les demi-finales. D'ici-là, l'objectif de top 8 dessiné par Valero Rivera aura été atteint.