Groupama-FDJ: plutôt que le Tour, l'attraction du Giro pour Pinot

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Paris (AFP)

La coexistence de leaders contraint l'équipe Groupama-FDJ à faire des choix: l'hypothèse probable, à valider mardi, consiste à miser sur Arnaud Démare pour le Tour de France, que Thibaut Pinot devrait délaisser une nouvelle fois au profit du Giro.

Dès dimanche, RMC Sport, dont Marc Madiot, le patron de l'équipe, est devenu un intervenant régulier, a levé le lièvre. La formation française doit officialiser mardi, lors de sa présentation virtuelle, le renversement de politique par rapport aux deux saisons précédentes quand Démare allait ferrailler sur le Giro et Pinot sur le Tour.

Pour Démare, dont la dernière apparition sur le Tour date de 2018, c'est un grand retour. Le champion de France, qui est le coureur du peloton WorldTour le plus souvent victorieux l'an passé, revient pour marquer de points et améliorer son bilan de deux succès d'étapes. Mais il a besoin, comme sur le Giro l'an passé (4 victoires), d'un solide entourage, un "train" pour lui emmener les sprints, dans une équipe qui ne peut aligner que huit coureurs.

A la fin du Tour 2020, très décevant pour son équipe, Madiot avait annoncé la couleur: "il y aura peut-être de la place l'an prochain pour le sprinteur numéro un de la maison."

Le "peut-être" s'est transformé en "certainement" d'autant que le parcours de la Grande Boucle 2021, avec une première semaine dans la plaine, est loin d'être favorable à Pinot, toujours impatient de retrouver le plus tôt possible un terrain montagneux.

- Une nouvelle orientation -

Les deux dernières expériences, quand le Franc-Comtois a accepté de tout miser sur le Tour, l'ont meurtri. S'il a enflammé la course jusqu'à trois jours de l'arrivée en 2019 et touché le cœur du public français, le bilan comptable s'est limité à un succès d'étape au Tourmalet. Pour ne rien dire de la galère de l'été dernier, les douleurs au dos récurrentes après sa chute de Nice dans la 1re étape qui l'ont relégué à une anonyme 29e place.

"Il y a des jours où je suis l'un des plus mauvais du peloton mais je n'ai pas envie d'abandonner, de laisser tomber l'équipe", soupirait le grimpeur de Mélisey (Haute-Saône) pendant le Tour. En reconnaissant: "il y aura une réflexion à faire cet hiver pour l'orientation à donner pour les prochains grands tours."

Rien d'étonnant dès lors que cet amoureux de l'Italie se tourne vers le pays dans lequel il a enlevé le plus beau trophée de sa carrière, le Tour de Lombardie 2018. Pour une course qui l'a aussi durablement blessé puisqu'il a longtemps remâché le podium perdu en 2018 à une journée de la conclusion.

"C'est peut-être le plus dur échec de ma carrière", confiait-il en petit comité en août dernier avant le départ du Tour 2020. "A moins que je retourne un jour sur le Giro pour le podium. J'espère arrêter tous ces échecs et montrer ce que je vaux vraiment sur trois semaines".