Mondiaux de biathlon: les Bleus en mode rachat

Les Français Simon Desthieux, Antonin Guigonnat, Emilien Jacquelin et Quentin Fillon Maillet (1er plan, de gàd), pose avec l'encadrement de l'équipe de France de biathlon, après leur victoire dans le relais, le 23 janvier 2021 à Antholz-Anterselva (Italie)
Les Français Simon Desthieux, Antonin Guigonnat, Emilien Jacquelin et Quentin Fillon Maillet (1er plan, de gàd), pose avec l'encadrement de l'équipe de France de biathlon, après leur victoire dans le relais, le 23 janvier 2021 à Antholz-Anterselva (Italie) Marco BERTORELLO AFP/Archives
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Pokljuka (Slovénie) (AFP)

Alors que l'après-Martin Fourcade s'avère plus compliqué que prévu à gérer, l'équipe de France de biathlon espère profiter des Mondiaux, qui débutent mercredi à Pokljuka (Slovénie), pour tenter de sauver sa saison et contester enfin l'implacable hégémonie de la Norvège, emmenée par Johannes Boe.

Le départ à la retraite du quintuple champion olympique a laissé un grand vide chez les Bleus, que personne n'est pour le moment parvenu à combler. On ne remplace pas aussi facilement un homme qui a régné sur la discipline durant sept ans (2012-2018) et le constat est pour le moment sans appel pour le clan tricolore. Avec un seul succès sur le circuit cet hiver, le compte n'y est pas et les Français en sont réduits à ramasser les miettes derrière les insatiables Norvégiens.

Les Championnats du monde, disputés à huis clos et dans une bulle sanitaire comme depuis le début de l'exercice 2020-2021, offrent donc une très belle occasion de remettre quelque peu les pendules à l'heure et de repartir de zéro, même si les résultats des Mondiaux permettent aussi d'engranger des points pour le classement général de la Coupe du monde.

"Il y a beaucoup d'ambitions. Le but, c'est d'aller chercher au moins une médaille d'or individuelle, c'est le gros objectif. Je me retrouve sur un site qui me convient plutôt bien. J'ai à cœur de bien faire", explique ainsi Quentin Fillon-Maillet.

Le nouveau leader des Bleus, seul Français à avoir décroché une victoire cette saison (la poursuite d'Hochfilzen, le 12 décembre), a dû rapidement tirer un trait sur ses rêves de gros globe de cristal, mais il les échangerait volontiers avec un titre de champion du monde, qui manque encore à son palmarès.

- "Pas de pression" -

"C'est un exercice en demi-teinte, donc j'ai vraiment envie de très bien aborder cet événement, ça me permettrait d'avoir un grand sourire, parce que pour l'instant je suis en dessous de ce que j'espérais produire", reconnait le Jurassien (28 ans).

Vincent Vittoz, l'entraîneur de l'équipe de France, refuse lui d'évoquer un quelconque objectif chiffré de médailles, sans pour autant sombrer dans la sinistrose.

"Les résultats ne sont pas si en retrait que ça, objecte le technicien. Martin Fourcade nous apportait certes beaucoup de podiums les années passées mais on est sur une bonne dynamique. De quoi envisager la compétition avec confiance."

Révélation de la dernière édition à Anterselva (Italie) et sacré sur la poursuite au prix d'un sprint fabuleux face à Johannes Boe, Emilien Jacquelin sera également très attendu.

"Je ne ressens pas de pression. Ce sont des courses que j'affectionne particulièrement. Les courses d'un jour, à quitte ou double, c'est ma vision du sport", affirme ce passionné de cyclisme.

- Boe avec une nouvelle carabine -

Reste à mater l'armada norvégienne. Guidés par Johannes Boe, le double tenant de la Coupe du monde, les Scandinaves écrasent tout cette saison (onze succès en 15 courses) avec l'émergence de deux nouvelles têtes: Sturla Holm Laegreid (23 ans, 4 victoires) et Johannes Dale (23 ans).

"C'est la nation à battre mais ils ne sont pas imbattables", estime Fillon-Maillet, qui n'oublie pas les deux succès d'affilée lors des deux derniers relais disputés avant les Mondiaux.

"Ils sont dominateurs et favoris. On nous a enterrés, mais tout est ouvert", renchérit Vittoz.

Il faudra surtout évaluer l'impact qu'aura le changement de carabine effectué par Johannes Boe juste avant ces Mondiaux. Ironie de l'histoire, cette nouvelle arme a été confectionnée par l'entreprise dirigée par le frère d'Emilien Jacquelin, qui fournit de nombreux biathlètes du circuit.

Si les Bleus seront en mode rachat, il en sera de même chez les dames, qui n'ont eu que deux succès à se mettre sous la dent cette saison grâce à Julia Simon. Là aussi, ce sont deux Norvégiennes, Marte Olsbu Roeiseland, victorieuse de 5 médailles d'or aux Mondiaux l'an dernier, et Tiril Eckhoff, qui mènent la danse.

Revenues bredouilles en 2020 d'Anterselva, les Françaises aimeraient vite en finir avec ce climat morose.