Ski alpin: "Pas obligé d'être un robot pour faire ce sport", explique Ted Ligety à l'AFP

L'Américain Ted Ligety lors de la première manche du slalom géant d'Adelboden (Suisse), le 9 janvier 2021
L'Américain Ted Ligety lors de la première manche du slalom géant d'Adelboden (Suisse), le 9 janvier 2021 Fabrice COFFRINI AFP/Archives
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Cortina d'Ampezzo (Italie) (AFP)

"J'ai toujours eu les mêmes frissons dans le portillon de départ." Le skieur américain Ted Ligety, qui prendra sa retraite à 36 ans à l'issue du géant des Mondiaux de Cortina d'Ampezzo (Italie) la semaine prochaine, est revenu mercredi sur son immense carrière auprès de l'AFP.

QUESTION: Comment vous sentez-vous au lendemain de l'annonce de votre retraite?

REPONSE: "C'est un mélange d'émotions. Je ressens un poids en moins, ce sera ma dernière course, ça me rend encore plus sûr de ma décision, qui a été difficile à prendre. Mais mon dernier géant ne sera pas un jubilé. J'y vais pour essayer de gagner. Je pense pouvoir être un prétendant, j'espère juste pouvoir faire une belle dernière course."

Q: En quoi le ski a changé depuis 18 ans et le début de votre carrière?

R: "Chaque année le ski s'est amélioré, il y a toujours eu des évolutions dans le matériel, la préparation des courses, ce qui a rendu les choses intéressantes. Mais le ski est resté le même, j'ai toujours eu les mêmes frissons dans le portillon de départ que pour ma première Coupe du monde à 19 ans."

Q: Appréciez vous les courses de géant aujourd'hui?

Q: Quel serait votre conseil aux jeunes skieurs pour avoir une longue et belle carrière?

R: "Mon conseil serait de toujours chercher à faire mieux, de prendre toutes les choses en main. C'est un gros défaut que je vois parmi certains jeunes skieurs, ils ont toujours une excuse et ne sont pas toujours maîtres de leur programme. C'est en grande partie ce qui explique ma réussite. Je me suis toujours posé des questions et j'ai cherché les réponses pour devenir meilleur. Je ne me suis jamais satisfait de ce que j'avais, j'ai cherché différentes façon de préparer mon corps, d'être plus fort ou de skier de façon plus intelligente avec une innovation."

Q: Si vous deviez retenir un moment en tant que jeune skieur?

R: "L'un des moments qui a changé les choses pour moi c'est aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002 où j'étais ouvreur. J'ai réalisé alors qu'il n'y avait pas de si grande différence entre moi, mes potes des courses FIS (3e division du ski), et ces mecs qui étaient au sommet de leur art mais qui parlaient et rigolaient quand même. J'ai réalisé à ce moment là que tu n'étais pas obligé d'être un robot pour faire ce sport, que tu peux te concentrer en course entre les filets puis t'amuser le reste du temps."

Q: Sur certaines courses ces derniers temps, ça vous est arrivé de vous dire +si seulement j'avais 27 ans les gars je vous aurais battu facilement+ ?

R: "Les conditions changent trop. C'est difficile de se dire +si je skiais comme avant j'aurais pu faire ci ou ça+. C'est comme se demander si Lebron (James) est meilleur que Michael Jordan. Bien sûr qu'il y a eu des moments dans ma carrière où je me croyais imbattable, peu importe où et quand. Mais bon c'était juste mon opinion (rires). Deux manches ne sont jamais les mêmes, c'est impossible de comparer les époques. Il n'y a pas de record du monde du slalom géant, on n'est pas à la piscine ou sur une piste d'athlétisme."

Propos recueillis par Robin GREMMEL