PSG: "pas affecté" par les échecs, Pochettino luttera "jusqu'à la mort" en C1

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Paris (AFP)

Une finale perdue, quelques déceptions: l'entraîneur Mauricio Pochettino partage un bilan européen similaire à celui du Paris SG de l'ère qatarienne. Mais l'Argentin refuse d'être "affecté" par le passé, assure-t-il à l'AFP, et promet de lutter "jusqu'à la mort" pour gagner la Ligue des champions.

Arrivé en janvier, le finaliste de l'édition 2019 sur le banc de Tottenham a réussi des débuts rêvés avec le PSG en C1: il a guidé Paris vers un triomphe sur la pelouse du FC Barcelone (4-1) qui a éloigné la perspective d'une nouvelle "remontada", lors du 8e retour, mercredi (21h00).

Enfin presque... Car au PSG, le souvenir de la raclée reçue face au Barça en 2017 (6-1, aller: 0-4), au même stade de la compétition, reste tenace.

Elle a nourri chez certains supporters l'idée qu'une malédiction frappait le club à chaque hiver. Cette année, la blessure de Neymar, en février, a rappelé ce sombre historique.

Le coup dur subi par "Ney" a plongé Pochettino dans le grand bain parisien, plutôt glacé. Mais le Brésilien est en phase de reprise et l'ancien défenseur et capitaine du PSG (2001-2003) a le cuir dur.

"Nous ne sommes pas affectés par ce passé. Nous sommes venus ici avec un esprit libre, et sans préjugés. Ces idées transmettent uniquement de la négativité. Rester tourné vers le passé limite tes possibilités futures", a-t-il expliqué dans un entretien à l'AFP.

"Nous venons avec une énergie nouvelle, nous pensons que nous avons le potentiel pour rester en lice en Ligue des champions. Dans le foot, la conviction te permet de te rapprocher de la victoire", fait-il valoir.

- "Pas si facile" -

Son discours optimiste tranche avec celui de son prédécesseur Thomas Tuchel, qui se plaignait du départ non-compensé de plusieurs cadres durant l'été.

Pour l'Allemand, l'effectif qui a atteint la finale en août dernier s'est affaibli par la suite. Pour l'Argentin, à l'inverse, le groupe reste assez fort pour remporter ce titre érigé comme priorité par son propriétaire qatarien.

"Clairement, c'est l'ambition du club que de la gagner. Il y a beaucoup d'autres équipes qui veulent la remporter, ce n'est pas si facile. Nous avons conscience de notre responsabilité, et nous allons nous battre jusqu'à la mort pour y parvenir", lance Pochettino.

"Poche" connaît la route. En 2019, il avait conduit Tottenham vers sa première finale de Ligue des champions, perdue contre Liverpool (2-0) à Madrid.

Si le scénario de la défaite lui a laissé des regrets, son parcours a forgé sa réputation de chef charismatique: les confrontations échevelées contre Manchester City (1-0, 3-4) et l'Ajax Amsterdam (0-1, 3-2) sont restées mémorables.

Et dire qu'avant cette épopée, Pochettino n'avait jamais dépassé les 8es de finale d'une compétition européenne...

- Pas la même recette -

Mais pour Paris, ce n'est pas la même recette qu'il compte appliquer.

"(A Tottenham) nous sommes allés en finale après cinq années de travail, le temps de créer une structure qui puisse nous permettre ces ambitions-là. Nous avions également passé un an sans recruter. Nous sommes à Paris depuis deux mois, ça fait une grande différence", explique-t-il.

"C'était un autre projet à Paris ces dernières années, aujourd'hui nous voyons comment créer le nôtre. C'est un travail différent qu'à Tottenham, mais l'objectif reste le même, gagner", dit-il.

Cet échec face aux Reds, alors que la Coupe aux grandes oreilles était à portée de main, évoque celui du PSG face au Bayern (1-0) en août. Mais Pochettino n'est pas animé d'un sentiment de revanche, tout comme l'encadrement du club parisien.

"Venir à l'entraînement chaque matin, être avec les joueurs, le staff, essayer de nous améliorer, c'est ça qui me motive. Peut-être même que j'ai plus de motivation à aller au centre d'entraînement qu'à être en compétition", balaye-t-il.

"Au sein du staff, nous croyons beaucoup à la préparation, la construction d'un état de forme. La motivation, la concentration, ça se construit au jour le jour", décrit-il.

A fond dans le projet PSG, l'ancien joueur et entraîneur de l'Espanyol Barcelone va jusqu'à écarter la satisfaction personnelle que lui procurerait l'élimination du Barça.

"Je ne suis pas un inconditionnel de l'Espanyol qui va au-delà des limites. Gagner à Barcelone, cela a une saveur spéciale. Mais nous voulons gagner pour le PSG, pour nos joueurs, pour les fans, et enfin, pour nous-mêmes", conclut-il.