Six nations: Owen Farrell, indispensable tête à claques de l'Angleterre

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Londres (AFP)

Le capitaine et maître à jouer du XV de la Rose Owen Farrell incarne les problèmes actuels de l'Angleterre et cristallise les critiques. Mais il reste essentiel au moment d'affronter les Bleus dans le Tournoi des six nations, samedi à Twickenham.

La statue vacille: les tenants du titre anglais, surpris par l'Ecosse (11-6) puis croqués par le pays de Galles (40-24), ne sont pas au mieux. A l'image d'Owen Farrell, le XV de la Rose semble avoir flétri depuis la finale de la Coupe du monde 2019, perdue face à l'Afrique du Sud.

Depuis, les Anglais ont en effet peiné à retrouver des couleurs. Les hommes d'Eddie Jones ont certes remporté le Tournoi 2020 (à la différence de points) puis la Coupe d'automne des nations (en prolongations face à une équipe de France bis) mais Owen Farrell n'apparaît plus vraiment comme le guide capable de sortir la Rose de l'ornière.

A 29 ans et 91 capes avec l'Angleterre, plus quatre avec les Lions britanniques et irlandais, l'ouvreur n'est pourtant pas un bleu. Mais ses performances récentes ont poussé certains anciens joueurs à réclamer des changements.

La légende Lawrence Dallaglio (85 sélections) a ainsi estimé que Farrell "n'était pas la bonne personne pour être capitaine de l'Angleterre".

Même son de cloche du côté de Mike Brown (72 sélections avec l'Angleterre): "je préférerais voir l'Angleterre faire entrer certains de ses joueurs dangereux et leur donner une chance de s'exprimer", a ainsi assuré l'ancien arrière des Harlequins.

"Léthargique et indiscipliné" lors du succès devant l'Italie, pour l'ex-capitaine gallois Gwyn Jones, Farrell "est sur le fil du rasoir", selon Matt Dawson, le demi de mêlée champion du monde en 2003 (77 sélections).

L'ancien sélectionneur Clive Woodward a, lui, affirmé que le XV de la Rose était "miné par des pénalités bon marché et un club douillet (composé) de joueurs indéboulonnables", dont Maro Itoje, Billy Vunipola et, surtout, Owen Farrell.

- Odieux mais divin -

Car Farrell, aussi arrogant que brillant, a perdu de sa superbe et son efficacité dans le jeu au pied s'en ressent: ses quatre pénalités ratées, en finale de la Coupe d'automne des nations en décembre, ont d'ailleurs failli coûter la victoire aux Anglais.

Dans le Tournoi 2021, l'ouvreur passé au centre est, certes, le meilleur réalisateur avec 31 points mais il a connu des ratés qu'on ne lui connaissait pas (deux pénalités contre l'Italie, une pénalité et une transformation contre le pays de Galles).

Au point que le cap symbolique des 1.000 points inscrits avec l'Angleterre, qu'il a atteint face au pays de Galles fin février, est passé quasi-inaperçu.

Pire, son influence sur le jeu anglais semble s'étioler au fil des matches, forçant le sélectionneur Eddie Jones à monter au créneau: "Owen continue toujours à apprendre à être un bon capitaine. C'est un art difficile et il doit continuer à progresser. Chaque expérience fera de lui un meilleur capitaine."

Relégué en deuxième division avec son club, Farrell apparaît en manque de rythme. Comme les cinq autres Sarries présents à ses côtés à Twickenham (Billy et Mako Vunipola, Maro Itoje titulaires, Jamie George et Elliot Daly remplaçants).

"Owen est sans doute l'un des mecs les plus compétitifs sur un terrain. Que ce soit à l'entraînement, à la +muscu+ ou même lors de petits jeux entre nous, il montre toujours l'exemple. Il a disputé quasiment toutes les finales de toutes les compétitions et il sait, il comprend ce qu'il faut pour gagner", l'a pourtant défendu Daly.

George non plus n'est pas inquiet: "je joue avec Owen depuis que j'ai 14 ans et je ne me tracasse pas. S'il rate dix pénalités, je sais qu'il va réussir la prochaine", a assuré le talonneur. Les Bleus, eux, préféreront sans doute qu'il la rate.