Rugby: l'ambitieuse Top League japonaise vise les stars européennes

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Tokyo (AFP)

La Top League japonaise, qui compte déjà dans ses rangs le All Black Beauden Barrett et d'autres grands noms de l'hémisphère sud, veut désormais attirer des vedettes européennes afin de devenir le championnat le plus relevé au monde.

Le patron du championnat nippon, Osamu Ota, souhaite notamment faire venir les Anglais Owen Farrell et Maro Itoje au pays du Soleil levant pour rivaliser avec le Top 14 français et la Premiership anglaise.

"Nous voulons devenir le meilleur championnat du monde", a-t-il déclaré à l'AFP. "Cela ne se fera pas tout de suite, mais nous avons une vision claire et nous avançons pas à pas".

Le recrutement de têtes d'affiche comme Barrett, l'Australien Michael Hooper et l'ancien capitaine des All Blacks Kieran Read est au coeur de cette vision.

Elu à deux reprises meilleur joueur de l'année par World Rugby (2016 et 2017), Barrett, très courtisé, s'est engagé avec le club nippon de Suntory Sungoliath pour un contrat lucratif d'une saison.

"Je n'étais probablement pas tout à fait prêt à aller en France et j'aime beaucoup Tokyo et le Japon. J'avais donc très envie de venir découvrir la vie et le rugby ici", a déclaré en janvier l'ouvreur néo-zélandais.

Hooper a également rejoint le Japon pour un contrat à court terme qui lui permettra de jouer pour l'Australie cet été.

Et pas moins de six joueurs de l'équipe d'Afrique du Sud victorieuse de la dernière Coupe du monde évoluent en Top League, dont la saison a débuté en février.

- "Progression naturelle" -

Le départ des stars de l'hémisphère sud pour le Japon n'est pas une nouveauté, les Australiens George Gregan et Stephen Larkham, puis les Néo-Zélandais Sonny Bill Williams et Dan Carter ayant notamment ouvert la voie.

Mais l'influence croissante de l'élite nippone, au carnet de chèques généreux, a plus récemment provoqué l'arrivée de joueurs européens, internationaux confirmés, comme l'Anglais George Kruis ou l'Ecossais Greig Laidlaw. Et selon certains médias, le charismatique capitaine du pays de Galles Alun Wyn Jones a reçu une offre pour les rejoindre.

Osamu Ota aimerait également débaucher certaines stars des Saracens, profitant de leur relégation en deuxième division anglaise pour avoir enfreint les règles du plafond salarial.

"Je serais vraiment heureux si des joueurs comme Owen Farrell et Itoje venaient ici", indique l'ancien international japonais.

Selon lui, "les joueurs des All Blacks et des Wallabies viennent ici depuis longtemps et c'est une progression naturelle que les joueurs de l'hémisphère nord commencent aussi à penser au Japon après la Coupe du monde" qui s'est déroulée avec succès dans l'archipel en 2019.

Osamu Ota estime que la saison plus courte de la Top League - qui dure généralement cinq mois - rend le championnat attrayant, et que la sécurité, la cuisine et la culture du Japon sont des arguments majeurs.

- Coup de foudre -

A 29 ans, Barrett (88 sélections) semble en tout cas apprécier son nouveau terrain de jeu puisqu'il a inscrit 52 points lors de ses trois premiers matches, ce qui le place en tête du classement des meilleurs marqueurs.

Pour sa première apparition de Barrett à Tokyo samedi, le Kiwi a eu des fans en tribunes, malgré les vents violents et la limitation pour raisons sanitaires de l'affluence à 5.000 personnes ou la moitié de la capacité du stade, selon le chiffre le plus bas.

"Je l'adore, c'est un joueur extraordinaire", a déclaré à l'AFP avant le coup d'envoi Michiko Kuramoto, supportrice de Suntory.

"Je l'ai vu jouer à la Coupe du monde et je l'ai trouvé si cool, si beau et si bon que je suis devenue une fan. J'ai été surprise quand j'ai appris qu'il venait ici", a-t-elle expliqué.

Malheureusement pour les supporters, le spectacle a été de courte durée, le match ayant été interrompu après seulement 12 minutes à cause de la foudre.

Un nouveau léger contretemps pour le rugby professionnel nippon, frappé par la pandémie de Covid-19 qui a provoqué l'arrêt de la saison précédente, sans pour autant décourager son patron.

"La référence en terme de championnats, c'est le Top 14", assure Osamu Ota. "C'est l'objectif que nous visons".