Sur la route des Jeux: Sasha Zhoya "un peu plus déconnecté des Jeux" en Australie

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Paris (AFP)

Grand espoir de l'athlétisme français, Sasha Zhoya (18 ans) a décidé de rester en Australie, pays où il a grandi, jusqu'au mois de mai avant de rentrer en France. Quelques jours après un 100 m en 10 sec 45, proche de son record, il s'est accordé une semaine de repos, fatigué par l'entraînement.

Jusqu'aux Jeux de Paris en 2024, en passant peut-être par Tokyo cet été, il raconte son parcours à l'AFP. Dans ce deuxième épisode, il évoque "sa vie un peu plus normale" en Australie, les Jeux olympiques 2032 qui pourraient avoir lieu à Brisbane ("candidature préférentielle" du CIO) et la réussite de son mentor sur les haies, Wilhem Belocian.

"Avant Brisbane, il y aura déjà Los Angeles en 2028. En 2032, ce sera presque la fin de ma carrière (il aura 30 ans, NDLR), mais évidemment ce serait sympa. Si j'ai toujours une bonne condition, ce serait une expérience incroyable. Mais peu d'athlètes arrivent à rester très forts après 30 ans. Je suis très réaliste, je sais que les meilleures années de ma carrière, ce sont dans les 20 ans".

"Je suis allé une fois à Brisbane pour des championnats, c'est tout à fait de l'autre côté de l'Australie (il vit à Perth, NDLR), à quatre ou cinq heures de vol. Je préfère aller en Europe".

"Mes amis ici espèrent me voir aux JO, mais sinon les gens n'en parlent pas beaucoup. Je me sens un peu plus déconnecté des Jeux quand je suis ici. Mais je n'ai pas besoin de ça pour me motiver, je me motive tout seul. En Australie j'ai une vie un peu plus normale. A l'Insep en France, c'est sport, sport, sport. Des fois c'est dur d'y échapper, mais c'est bien ça dont j'ai besoin en pleine saison. Ici c'est plus relax, je me perds un peu. Quand je reviens je prends des vacances plus longues, je mets plus de temps à reprendre le sport. Si j'étais à fond dans le sport 24/24h tous les jours de l'année ça pourrait me rendre fou."

De l'autre côté du globe, à Torun (Pologne) début mars, le Français Wilhem Belocian (25 ans) a été sacré champion d'Europe en salle du 60 m haies.

"J'ai regardé les Championnats d'Europe. Je suis proche de Wilhem Belocian, il est très gentil avec moi, c'est un mentor, il me prend sous son aile. Je sais le travail qu'il fait, son titre c'est mérité."

Wilhem Belocian partage son temps entre la Guadeloupe, avec son entraîneure Ketty Cham, et l'Insep, un peu à l'image de Zhoya avec l'Australie.

"Quand tu as un jeune fort comme moi à tes côtés, parfois, tu ne veux pas l'aider de peur de te faire dépasser. Wilhem, lui, va m'aider à 100%. A l'entraînement il va me parler de tel point technique, de ma jambe de retour... Depuis ma première séance à l'Insep il me conseille. Il sait comment ça marche, il me guide".

"Notre relation reste centrée sur la piste, même si on aime échanger quand on voyage ensemble. Wilhem pour moi c'est un grand frère, on mange souvent ensemble à l'Insep".

"Ces championnats c'est juste une première étape pour lui, il a encore mieux à faire. J'espère qu'à Paris en 2024 ce sera moi et Wilhem, ensemble sur les haies".

Propos recueillis par Robin GREMMEL