Natation: Bonnet devra patienter, mais positive

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Marseille (AFP)

Charlotte Bonnet devra patienter jusqu'en juin pour se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août) mais la championne d'Europe 2018 du 200 m ne se laisse plus déstabiliser par cette perspective.

Pour faire partie de la première vague de nageurs français à empocher un billet, comme Florent Manaudou notamment, Bonnet devait impérativement réaliser un chrono équivalent à une finale mondiale entre le 10 décembre et ce dimanche, selon le système imaginé par l'encadrement tricolore. En l'occurrence sur 200 m, 1 min 56 sec 63.

Comme à Saint-Raphaël fin 2020 (1:56.65), puis à Nice début février (1:56.96), il ne lui a manqué que quelques centièmes - 14 précisément cette fois - pour y parvenir dans le bassin marseillais (1:56.77).

Elle devra ainsi attendre les Championnats de France mi-juin à Chartres, où seront distribués les derniers sésames olympiques, pour obtenir le sien, selon des critères chronométriques moins relevés (1:57.28 pour le 200 m).

"Si ça vient (dès mars), on prend, c'est un peu un bonus ce mode de qualification, et si ça ne vient pas, on prendra au mois de juin, ce n'est pas forcément très grave", résumait Bonnet à l'AFP il y a quelques jours en expliquant avoir pris du recul par rapport à ses deux premières occasions envolées après une discussion fructueuse avec son entraîneur Fabrice Pellerin.

- "Très rare" -

"Le coeur de cette année, ce sont les Jeux. L'objectif, c'est d'être forte là-bas. Et même si je nage en 1 min 56 sec ou 1 min 57 sec toute l'année, si je fais 1 min 54 sec le jour J, c'est ça qui compte", complétait-elle.

La Niçoise de 26 ans n'a pas changé de discours dimanche soir : elle se veut résolument positive et ne perd pas de vue que l'objectif N.1, ce sont les JO et rien d'autre.

"Il y a forcément une petite frustration de ne pas faire le temps, mais je peux difficilement être déçue : c'est la troisième fois en quatre mois que je nage en 1 min 56 sec", souligne-t-elle.

"Après Nice, où j'avais été très déçue, on a étudié avec Fabrice les saisons précédentes et c'est très rare que je nage en 1 min 56 sec en décembre, en février, en mars : c'est de très bon augure", développe-t-elle. J'aurais adoré faire partie des qualifiés dès ce soir (dimanche), mais ma saison ne se conclut pas en mars : c'est cet été qu'il faut que je sois très, très forte."

Autre motif de satisfaction: avoir devancé pour la première fois la quadruple championne du monde du 200 m Federica Pellegrini, repoussée à près d'une seconde (1:57.64).

- "Formalité" en juin -

"Je n'avais jamais battu Federica en meeting. Même pendant ma meilleure année (en 2018). Même si elle n'est pas à son meilleur niveau, loin de là, c'est une adversaire redoutable", apprécie Bonnet.

"Je n'ai pas envie de dire que je suis déçue, j'ai envie de dire que je serai présente cet été, que je vais continuer à travailler, que je ne vais pas lâcher", insiste-t-elle.

"Je vais faire comme si j'avais obtenu ma qualification ce soir. En juin le temps est plus facile, ce sera une formalité sur le 200 m", assume Bonnet, qui visera aussi le dernier ticket en jeu sur 100 m.

Marie Wattel s'est emparée du premier samedi, avant d'entériner sa qualification sur 100 m papillon également dimanche. Comme Mélanie Hénique sur 50 m. Toutes deux occupaient la pole position sur ces courses depuis décembre.

Au bout de la première fenêtre de qualification olympique, ils sont ainsi cinq à avoir leur billet en poche : Florent Manaudou (50 m), Yohann Ndoye Brouard (100 m dos et 200 m dos), Wattel, Hénique, et David Aubry, lui au titre de son bronze mondial sur 800 m en 2019.