Sous la glace, l'apnéiste Guérin-Boëri réussit à nager 120 mètres en longueur

L'apnéiste français Arthur Guérin-Boëri, après avoir battu le record du monde de l'apnée sous le lac Sonnanen à Heinola en Finlande, le 25 mars 2021
L'apnéiste français Arthur Guérin-Boëri, après avoir battu le record du monde de l'apnée sous le lac Sonnanen à Heinola en Finlande, le 25 mars 2021 Olivier MORIN AFP
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Heinola (Finlande) (AFP)

Immergé dans une eau à deux degrés, Arthur Guérin-Boëri longe la chape de glace recouvrant le lac Sonnanen en maîtrisant sa respiration pour atteindre 120 m, soit une performance-record signée en trois minutes d'apnée.

Dans le sud-est de la Finlande, le ciel est nuageux jeudi mais des éclaircies font briller la glace qui recouvre le lac Sonnanen, connu pour être l'un des plus clairs du pays, offrant une eau pure et limpide.

Dans la glace, huit trous ont été faits, celui du départ puis des triangles à 20 mètres, 40 m, 60 m, 80 m, 100 m, 110 m et enfin 120 m, l’objectif que s'est fixé Arthur Guérin-Boëri, apnéiste français en quête d'un record du monde à la brasse et en combinaison en apnée dynamique sous glace, c'est-à-dire, à l'horizontale.

La discipline se structure et les records du monde sont désormais sous l'égide de la Fédération internationale (CMAS), qui ouvre cette année le chapitre des meilleures performances.

Comme à son habitude, le quintuple champion du monde d'apnée dynamique se prépare deux heures avant l'exploit.

Dans un sauna à proximité, il emmagasine de la chaleur. Puis, il enfile une grosse parka et parcourt une centaine de mètres à pieds pour rejoindre le trou de départ. Il effectue quelques exercices d'apnée durant trois-quarts heure.

Il se glisse dans l'eau froide, la température de l'air est à 6 degrés. Il attend le top départ donné par le juge de la CMAS. Lesté au cou, il se gonfle d'air pour "partir plein comme un ballon de baudruche", explique-t-il à l'AFP, avant de passer sous la glace, accroché à un câble, appelé ligne de vie.

"Il y a de la peur, de l’angoisse, c’est un truc que j’appréhende pas mal mais c’est un risque que je prend sciemment et auquel je me suis préparé. J’arrive à faire baisser mon niveau de stress. Et je m’abandonne à quelque chose qui me transcende. C’est assez mystique tout ça mais c’est nécessaire quand on fait ce genre de performance".

Durant trois minutes, sans chaussons ni gants, il se propulse de mètre en mètre, les yeux rivés sur le câble situé en dessous de lui.

"Sous la glace on se sent relativement bien. Il y a cette lumière diffuse très lunaire qui est étonnante. C’est beau", dit-il.

A 120 m, c'est la bouffée d'air. La tête hors de l'eau, il retire son masque, regarde le juge, fait le signe 'ok' avec la main (deux doigts qui forment un rond), comme le prévoit le règlement.

Le juge valide alors en tendant un carton blanc à l'apnéiste.

"Je me suis senti vraiment bien, ça s’est bien passé, mieux que ce à quoi je m’attendais, avec une envie de respirer très tardive, à 40 mètres. Je n’ai pas souffert du froid tant que ça et j’ai pris du plaisir pendant cette plongée", s'est réjouit Guérin-Boêri, qui dans un an tentera un nouveau record mais cette fois en slip de bain.