Violences sexuelles dans le sport: 445 personnes mises en cause via les cas remontés au ministère

La  ministre chargée des Sports Roxana Maracineanu, lors de la séance des questions au gouvernement, loe 28 juillet 2020 à l'Assemblée Nationale à Paris
La ministre chargée des Sports Roxana Maracineanu, lors de la séance des questions au gouvernement, loe 28 juillet 2020 à l'Assemblée Nationale à Paris STEPHANE DE SAKUTIN AFP/Archives

Près de 445 personnes ont été mises en cause à ce jour via des signalements remontés à la cellule dédiée aux violences sexuelles dans le sport, a indiqué vendredi 2 avril la ministre française chargée des Sports Roxana Maracineanu, à l'occasion de la deuxième convention consacrée au sujet.

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Paris (AFP)

Près de 445 personnes ont été mises en cause à ce jour via des signalements remontés à la cellule dédiée aux violences sexuelles dans le sport, a indiqué vendredi la ministre chargée des Sports Roxana Maracineanu, à l'occasion de la deuxième convention consacrée au sujet.

«Depuis un an, 407 affaires ont été traitées ou sont en cours de traitement par la cellule mettant en cause 445 personnes», a-t-elle dit.

Cette cellule avait été mise en place l'hiver dernier après les révélations de la patineuse Sarah Abitbol, qui a raconté dans un livre comment elle a été violée par son entraîneur entre 15 et 17 ans, au début des années 90.

Un premier état des lieux détaillé établi à la mi-février décomptait 387 signalements et 421 personnes mises en cause dont 245 éducateurs professionnels ou bénévoles (188 et 57 respectivement).

La déléguée ministérielle chargée des violences sexuelles dans le sport, Fabienne Bourdais, a précisé vendredi que «48 fédérations sportives» étaient concernées et 12 «concentrent 66% des affaires».

Autre chiffre relevé par tous les participants à cette convention, y compris par le Garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti, venu assurer du soutien de la justice, «63% des cas concernent des mineurs de moins de quinze ans».

«Dénoncer les violences dans le sport, ce n’est pas dénigrer le sport ou dévaloriser ses acteurs. C’est même tout l’inverse», a martelé Roxana Maracineanu.

Fabienne Bourdais a relevé que «25 signalements» émanaient de structures de haut niveau, ce qui signifie que «la grande majorité des faits se déroulent dans des clubs classiques».

191 mesures d'interdiction administratives ont été prononcées par les préfets. 29 agents publics sont aussi concernés, dont 16 du ministère des Sports et 11 de l'Education nationale parmi lesquels 7 professeurs d'EPS.

Témoignant en tant que présidente de la Cour d'Assises du Loiret, Aude Cristau, a expliqué que «le milieu du sport attire des prédateurs, comme l'école», évoquant le cas d'un moniteur de cyclisme sur route coupable de «19 viols».

Elle a aussi insisté sur les symptômes de stress post-traumatique dont sont atteints les victimes (scarifications, troubles alimentaires, mutisme...). «J'ai des petites filles qui se cachent sous mon bureau», incapables de parler, a-t-elle expliqué.

Elle a également évoqué la difficulté de parler des crimes subis, car souvent synonyme de rupture avec le milieu du sport. «J'ai eu une petite cavalière qui m'a dit: "J'ai préféré subir plutôt que de rompre mon parcours de compétition"», a-t-elle encore raconté.

Sarah Abitbol, qui s'est exprimé lors de cette convention, a expliqué qu'elle «était sur le chemin de la guérison», un an après son livre Un si long silence qui a déclenché une cascade de révélations dans le sport.

«Les victimes ont moins honte de parler», a-t-elle dit. «C'est difficile de parler, car on a l'impression d’entacher notre sport (...) mais il le fallait», a-t-elle dit. «Je suis fière de l'avoir fait même si parfois il y a encore des retours compliqués, a-t-elle ajouté.

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