Sur la route des Jeux: Anaïs-Mai Desjardins vole et rêve sur son kitefoil

La championne française de kitefoil Anais-Mai Desjardins lors d'un entraînement à Malo-les-Bains près de Dunkerque, le 16 avril 2021
La championne française de kitefoil Anais-Mai Desjardins lors d'un entraînement à Malo-les-Bains près de Dunkerque, le 16 avril 2021 FRANCOIS LO PRESTI AFP
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Dunkerque (AFP)

Anaïs-Mai Desjardins, championne de kitefoil, discipline dérivée du kitesurf qui intègrera le programme olympique à Paris, s'est lancée avec envie et détermination dans ce projet pour réaliser son "rêve": disputer les JO.

Jusqu'aux Jeux de Paris en 2024, la Dunkerquoise d'adoption (20 ans) raconte son parcours à l'AFP. Dans ce premier épisode, elle évoque le kitefoil, sport méconnu qui a débarqué sur le devant de la scène, en devenant olympique.

"J’ai commencé le kitesurf en 2013 à Fuerteventura, aux Canaries. C’était la passion de mon père, il a commencé quand ma mère était enceinte de moi et pour des raisons de sécurité, je n’ai pas pu essayer plus tôt. Mais dès que j’ai commencé, c’est devenu une passion et je n’ai jamais arrêté", explique la jeune femme, qui excelle malgré son petit gabarit (1,58 m).

"Ce qui m’a plu dans le kitesurf c’est qu’on peut aller très vite, on peut faire des sauts, jouer avec les vagues...il y a une grande diversité et j’ai trouvé ça super fun. En 2015, j’ai commencé le kitefoil et directement j’ai vraiment adoré et je me suis dit +je ne veux faire que ça+ et me concentrer là-dessus, car il y a un vrai sentiment de liberté. On peut aller vite et voler au-dessus de l’eau comme sur un tapis volant", sourit la pétillante athlète.

- "Voler" -

Beaucoup moins connu que son cousin le kitesurf, le kitefoil permet, grâce à une sorte de grande dérive d'environ un mètre de long, appelée foil, de voler au-dessus de l'eau, un peu comme les bateaux qui ont disputé récemment la Coupe de l'America ou le Vendée Globe. Et d'atteindre une vitesse supérieure à 70 km/h.

"Le foil va aller dans l’eau et permettre de prendre de la vitesse en se retrouvant au-dessus de l’eau grâce à la force de cette dérive. On a l’impression de voler, on ne ressent pas le clapot qu’il y a sur l’eau, on peut aller très vite, démarrer même quand il y a moins de vent et ça permet d’avoir une liberté incroyable", détaille Anaïs-Mai Desjardins.

"J’ai décidé assez vite de commencer la compétition en kitefoil et ça s’est très bien passé. A ce moment, ce n’était pas encore olympique, mais on a appris en 2019 que ça allait le devenir pour Paris-2024 et je me suis dit que j’allais me lancer pour faire la préparation olympique."

Une décision que la jeune femme a mûrement réfléchie puisqu'en parallèle de sa pratique sportive de haut niveau, elle est en troisième année de médecine, un double projet atypique.

- "Compétition ultime" -

Aux JO-2024, les épreuves de kitefoil auront lieu à Marseille et dans un format inhabituel puisqu'il s'agira d'un relais mixte avec un homme et une femme.

"Ca ressemblera à une régate, comme en bateau. Le premier part, fait son parcours, et quand il arrive dans une zone de relais, l’autre doit partir à son tour pour réaliser son parcours le plus rapidement possible. Le but c’est d’être le premier à franchir la ligne d’arrivée", explique la native de Paris, qui s'entraîne souvent en Méditerranée avec Nicolas Parlier, quadruple champion du monde.

Vainqueure de la Coupe du monde Open en 2017, championne d'Europe et médaillée de bronze aux Mondiaux chez les juniors en 2018, Anaïs-Mai Desjardins a gravi les échelons un à un, puisqu'elle a ensuite été sacrée championne de France espoirs en 2019 et a terminé deuxième chez les seniors en 2020.

"Trois ans, ça peut sembler loin mais pour moi, ça va arriver très vite. Finalement, je dois encore beaucoup progresser et j’aurai bien besoin de tout ce temps pour y arriver. J’ai vraiment tous les aspects à travailler, souligne la jeune femme après un entraînement mouvementé dans une eau à huit degrés au large de la plage dunkerquoise de Malo-les-Bains (Nord). Participer aux JO, c’est mon ambition mais surtout mon rêve. C’est la compétition ultime pour moi."