MotoGP: Quartararo, touché au bras, laisse à Miller la victoire en Espagne

Fabio Quartararo (Yamaha) lors du GP d'Espagne, sur le circuit de Jerez, le 2 mai 2021
Fabio Quartararo (Yamaha) lors du GP d'Espagne, sur le circuit de Jerez, le 2 mai 2021 PIERRE-PHILIPPE MARCOU AFP
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Jerez de la Frontera (Espagne) (AFP)

Victime d'un problème physique, Fabio Quartararo (Yamaha) a fini 13e du Grand Prix d'Espagne qu'il menait tranquillement à Jerez, laissant la victoire à Jack Miller pour la 4e manche du championnat du monde.

On attendait une nouvelle victoire de Quartararo sur les terres de ses deux premiers succès en MotoGP en 2020. Mais le Français, encore en tête à mi-course, a dégringolé à la 13e place, touché à l'avant-bras droit. Il abandonne pour deux points la tête du championnat du monde à Francesco Bagnaia (Ducati).

"Je n'avais plus du tout de force, mon bras c'était comme de la pierre", a expliqué dépité le Français de 22 ans, qui ne connait pas encore la gravité de sa blessure.

Jack Miller, qui le suivait, en a profité pour remporter à 26 ans son deuxième Grand Prix en catégorie reine, le premier avec Ducati. Un soulagement pour l'Australien, qui attendait ça depuis 2016 aux Pays-Bas.

"Honnêtement je ne m'y attendais pas", a réagi l'Australien. "J'ai fait ce que je pouvais pour garder un bon rythme, puis j'ai vu que Quartararo ralentissait, je l'ai dépassé et j'ai pu imprimer mon rythme pour rester devant".

"C'est impossible de décrire ce que je ressens, c'est une explosion d'émotions", a continué le pilote Ducati, désormais 6e au championnat.

- Ducati, première depuis 2006 -

Quartararo avait pourtant sa 3e victoire d'affilée entre les mains. Parti en pole position mais doublé dès le départ par trois concurrents, il avait réussi à reprendre la tête au 4e tour, jusqu'au 16e, signant même un nouveau record du tour à Jerez (1:37.770)... avant d'être doublé par douze concurrents.

Si un problème technique sur la Yamaha était d'abord soupçonné, Quartararo tenait après la course une poche de glace sur son avant-bras droit.

Or, en juin 2019, Quartararo avait subi une opération à cet avant-bras droit, souffrant du "syndrome des loges". Ce problème arrive quand un muscle se retrouve trop à l'étroit dans sa "loge" durant un effort, ce qui s'avère particulièrement douloureux et forcément très handicapant pour un pilote professionnel en pleine course.

"Je suis très triste car je me sentais très à l'aise en tête", a-t-il expliqué.

"Pour le moment je n'ai pas la tête à ça, mais il va falloir faire quelque chose car mon bras ne va pas bien", a-t-il continué, alors que la prochaine manche, au Grand Prix de France, se profile déjà le 16 mai.

"C'était dangereux de continuer mais je savais que prendre quelques points serait important au championnat", a ajouté Quartararo, désormais 2e à deux points de l'Italien Francesco Bagnaia (Ducati), 2e dimanche.

Pour Ducati, c'est un doublé incroyable. Le constructeur italien n'avait plus gagné depuis 2006 sur ce circuit sans grande ligne droite.

Mener le championnat, "je ne m'y attendais pas", a réagi "Pecco" Bagnaia, qui vise avant tout "le top 5" pour ses débuts comme pilote officiel Ducati.

A Jerez, un autre Italien, Franco Morbidelli (Yamaha-SRT), a complété le podium, devant le Japonais Takaaki Nakagami (Honda-LCR) et l'Espagnol Joan Mir (Suzuki), champion du monde en titre.

L'autre Français du paddock, Johann Zarco (Ducati-Pramac), parti 6e sur la grille, a fini huitième, juste devant l'Espagnol Marc Marquez (Honda), neuvième pour son deuxième GP après neuf mois d'absence.

C'est ici à Jerez que Marquez s'était cassé le bras droit l'an dernier, le privant de la saison entière. S'il est encore lourdement tombé samedi, le sextuple champion du monde MotoGP a fait une bonne course, gagnant cinq places depuis la 14e position sur la grille.

En Moto2, l'Italien de 22 ans Fabio di Giannantonio (Kalex) a facilement remporté sa première victoire dans la catégorie. Au championnat, l'Australien Remy Gardner reste premier.

En Moto3 les regards étaient encore tournés vers la sensation de ce début de saison, Pedro Acosta. Et l'Espagnol de 16 ans n'a pas déçu: il s'envole littéralement au classement après sa 3e victoire d'affilée, son 4e podium en quatre courses, du jamais vu pour un "rookie".