Tennis: le public "me fait revivre", se réjouit Benoît Paire

Benoît Paire face au Géorgien Nikoloz Basilashvili, à Madrid, le 4 mai 2021
Benoît Paire face au Géorgien Nikoloz Basilashvili, à Madrid, le 4 mai 2021 GABRIEL BOUYS AFP
Publicité

Madrid (AFP)

Benoît Paire (35e mondial) a raconté combien la présence de public, même en petite quantité, le "fait revivre" après sa première victoire depuis plus de deux mois, seulement sa deuxième de la saison, au premier tour du Masters 1000 de Madrid mardi.

Q: Vous n'aviez pas montré un tel état d'esprit depuis longtemps...

R: "Ca faisait très longtemps que je n'étais pas allé sur le court avec du public, du soutien. Se retrouver dans une ambiance de Coupe Davis à Madrid, avec tous ces Français qui me supportent du début à la fin, dès que je suis entré sur le court, ça a été une ambiance incroyable, ça me fait du bien. Ca me fait aimer de nouveau le tennis. C'est pour ça que je joue. Ca m'a fait chaud au coeur. C'est une période difficile pour moi avec le Covid-19. Là, me dire en rentrant sur le court que je ne joue pas tout seul, que je joue aussi pour les gens qui sont là, ça m'a fait quelque chose. Je me devais de ne rien lâcher en reconnaissance de ce soutien. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir aujourd'hui (mardi) même si ça n'a pas été facile dans la tête. Le public, c'est ce que je vais retenir : je joue pour avoir des ambiances comme ça, pour ressentir des émotions, et c'est ce qui s'est passé. Ce sont des souvenirs incroyables."

Q: Que s'est-il passé dans votre tête au moment de servir pour le match ?

R: "Finir le match, ça a été un moment difficile. J'avais beaucoup d'émotions au moment de servir, ça s'est ressenti. Le fait de me sentir poussé par les gens, ça m'a mis un surplus de pression. J'avais tellement envie de bien faire que ça m'a paralysé, mais ce que je trouve très positif, c'est qu'après, je suis resté concentré, positif, chose que je n'avais pas fait depuis très longtemps. Pour moi, c'est un renouveau, une victoire qui fait vraiment énormément de bien. Ce n'est pas facile de perdre toutes les semaines, de voyager d'un pays à l'autre sans gagner un match, en se sentant mal."

Q: Que vous ont apporté les vacances que vous avez prises après Monte-Carlo ?

R: "Il y en a pour qui c'est le sérieux, l'entraînement, moi c'est juste me sentir bien dans ma tête qui me fait bien jouer au tennis. Ces vacances m'ont fait beaucoup de bien. Le fait de couper, de repartir sur quelque chose de neuf - je n'ai pas fait de physique, je n'ai pas touché une raquette pendant dix jours - c'est ce dont j'avais besoin. Je n'ai pas besoin de m'entraîner comme un acharné pendant dix heures pour bien sentir la balle."

Q: Estimez-vous que cette victoire peut lancer votre saison ?

R: "Peut-être que ça peut me retomber dessus si je me retrouve encore demain dans un tournoi à huis clos, enfermé dans une bulle. Je ne dis pas, parce qu'il y avait du monde et que c'était génial aujourd'hui, que ce ne sera pas encore difficile. Je ne vais pas dire que d'un coup c'est fini. Mais je vais profiter de ces moments-là. Toutes les personnes qui parlent sur moi, je leur montre juste que dans une ambiance normale, avec du public, je suis capable de revenir à un très bon niveau, que je suis un autre joueur. La coupure et le retour à la compétition ont été très difficiles, mais il ne faut pas oublier que je sais jouer au tennis. Les Français qui crient (en tribunes), ça me fait un bien énorme, ça me fait revivre, je me dis peut-être qu'il y en a qui ne m'aiment pas, mais je sens qu'il y en a aussi qui m'aiment beaucoup."

Propos recueillis en conférence de presse.