Tour d'Italie: vers un match Bernal-Evenepoel  

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Ascoli Piceno (Italie) (AFP)

Le match entre le Colombien Egan Bernal et le Belge Remco Evenepoel a pris forme dans la première arrivée au sommet du Giro, jeudi à Ascoli Piceno, où le Suisse Gino Mäder a gagné en solitaire la sixième étape.

Derrière le Hongrois Attila Valter, qui a comblé l'équipe française Groupama-FDJ en prenant le maillot rose, Evenepoel et Bernal ont pris rang au classement général. Le jeune Belge, 21 ans, occupe la deuxième place à 11 secondes seulement de Valter, et le Colombien, la troisième à 16 secondes.

Sur les pentes terminales de San Giacomo, une montée de 15,5 kilomètres surtout raide dans sa partie finale, Bernal s'est montré le plus à l'aise. Le vainqueur du Tour de France 2019 s'est comporté en leader tout au long de cette pluvieuse journée en faisant rouler son équipe. Mais il n'a pu distancer Evenepoel, pas plus que l'Irlandais Dan Martin, toujours coriace, et le grimpeur italien Giulio Ciccone.

En revanche, cette arrivée au sommet sur les hauteurs d'Ascoli Piceno, une cité antique de la province des Marches (est), a confirmé les limites actuelles du Britannique Simon Yates, qui avait déjà fléchi mardi du côté de Sestola. Yates, irrésistible fin avril dans le Tour des Alpes, a lâché de nouveau du temps, une vingtaine de secondes cette fois, tout comme son compatriote Hugh Carthy.

Romain Bardet lui aussi a lâché prise dans la montée finale. Il est vrai que le Français s'est retrouvé longtemps intercalé avec deux autres coureurs (Ciccone, Bettiol) dans l'interminable descente des Monts Sibyllins avant d'être repris au pied de l'ascension de San Giacomo.

- Attila Valter, un Hongrois en rose -

Sur la ligne, Bardet a cependant fait (beaucoup) mieux que son coéquipier australien Jai Hindley, le deuxième du Giro 2020, tôt débordé et pointé pour finir à plus de deux minutes et demie de Mäder.

Passé professionnel au sortir de sa remarquable course des Mondiaux espoirs en 2018 (4e, son coéquipier Hirschi vainqueur), Mäder a enfin touché au but. En mars, il avait frôlé la victoire dans l'étape-reine de Paris-Nice qui arrivait dans la station de La Colmiane. Avant d'être débordé in-extremis par le Slovène Primoz Roglic.

"J'ai pensé à Paris-Nice, je me suis dit que cela risquait de se passer encore ainsi", a reconnu le Suisse (24 ans), qui a rendu hommage au travail du Slovène Matej Mohoric, son coéquipier de la formation Bahrain, au sein de l'échappée lancée dès la première heure.

Mäder a souligné aussi la volonté de réaction de son équipe au lendemain de l'abandon sur chute de son chef de file Mikel Landa. L'Espagnol, qui souffre d'une fracture de la clavicule gauche, a quitté l'hôpital de Riccione jeudi matin pour rentrer au Pays Basque et subir une intervention chirurgicale.

"Nous avons décidé de rouler en son honneur. Nous avons mis toutes nos forces dans l'échappée", a expliqué Mäder, l'homme du jour avec Valter.

Le Hongrois, autre espoir du peloton (22 ans), a confirmé le talent qui en avait fait un coureur très convoité après la disparition de son équipe précédente CCC.

"J'avais une motivation énorme, je voulais lutter pour le maillot rose mais, pour cela, je devais m'accrocher le plus longtemps possible", s'est félicité Valter, qui a de bonnes chances de garder son bien vendredi. La 7e étape revient dans la plaine entre Notaresco et Termoli où un sprint est probable en conclusion des 181 kilomètres.