Surf: "Enfer et paradis", une plongée intimiste dans le monde des grosses vagues de Justine Dupont

La surfeuse professionnelle Justine Dupont pose lors d'une séance de shooting à Paris, le 16 septembre 2020
La surfeuse professionnelle Justine Dupont pose lors d'une séance de shooting à Paris, le 16 septembre 2020 Olivier MORIN AFP/Archives
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Paris (AFP)

De l'action, de l'émotion et une introspection: tel est le propos du film "Enfer et Paradis", un documentaire qui se veut "plus intimiste" sur la vie, le temps d'un hiver à Nazaré, de l'une des plus grandes surfeuses de grosses vagues, Justine Dupont.

L'histoire commence le 11 février 2020 à six heures du matin. Justine Dupont prend un petit-déjeuner avant de prendre ce qui deviendra l'une des deux plus grosses vagues de sa vie, un monstre d'eau de plus de 21 mètres de hauteur. Antoine Chicoye, l'ami et réalisateur de ce 52 minutes projeté mercredi à Biarritz, est là, caméra au poing, pour saisir les moments forts, parfois plus intimes, de cette quête spectaculaire sur le spot emblématique de Nazaré (Portugal).

"C'est un documentaire atypique, ça c'est sûr", souligne à l'AFP Justine Dupont, qui tient à mettre en avant le travail d'équipe dans ses performances. "C'est vraiment dans l'action, avec toute l'aventure qu'il y a autour, la veille, le lendemain, les hauts et les bas. C'est sur notre pratique, comment marche ce sport, la vague de Nazaré, comment ce spot est arrivé sur la carte".

Depuis cinq ans, la surfeuse passe tous ses hivers à Nazaré - le spot des records du monde avec son phare qui donne une impressionnante illusion d'optique - en compagnie de son compagnon et co-équipier Fred David. Antoine Chicoye, qui vit lui à Seignosse, ne compte plus ses allers-retours au Portugal.

Ils ont choisi de raconter leur hiver 2019/2020, avec trois temps forts: la vague géante du 13 novembre 2019, celle du 11 février 2020 et une houle beaucoup trop dangereuse sur laquelle ils décideront de ne pas aller.

- Déjà primé -

En février la vague a été surfée dans le cadre d'une compétition, organisée par la World Surf League. Estimée à 21,3 mètres, elle a depuis été supplantée par celle de la Brésilienne Maya Gabeira, évaluée à 22,25 m, nouveau record du monde. Un goût amer pour la Française, restée debout sur sa planche jusqu'à ce que la vague meurt, ce qui n'a pas été le cas de la Brésilienne.

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Elle n'en reste pas moins une vague incroyable, saisie par l'oeil d'Antoine Chicoye depuis un point de vue inédit à Nazaré.

"Pour Justine, je tends à montrer des choses différentes. J'ai pris l'option de filmer depuis la plage directement, sans le phare, un parti pris plus compliqué. Il y avait beaucoup de brume ce jour-là, j'ai eu beaucoup de mal à faire des images et à reconnaitre les surfeurs", se souvient Chicoye auprès de l'AFP.

"On a regardé les images deux jours après, j'ai complètement halluciné. Le meilleur plan de la journée c’était Justine. J'ai halluciné sur la taille de la vague, la performance de Justine et l'angle qui est unique. C'est le plus beau shot jamais fait et je ne suis pas prêt d'en refaire un aussi beau", dit-il.

Le film montre aussi la tristesse et l'inquiétude qui a envahi ce jour-là le trio français alors qu'un autre surfeur en lice à Nazaré, le Portugais Alex Botelho, se blessait gravement en surfant une vague immense.

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Le documentaire a déjà conquis les spécialistes. Il a été primé lors de festivals, comme à Los Angeles (meilleur film sur les femmes; meilleur premier film pour un réalisateur), à New York et Londres (meilleur film documentaire), en Suède (meilleure photographie) et à Singapour (meilleur film sur la nature).

Après Biarritz, il sera projeté jeudi à Hossegor, vendredi à Bordeaux et samedi à Paris (pour deux séances, à 17h et 19h).