Natation: Grousset se fait une place de choix dans le sprint français

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Budapest (AFP)

Maxime Grousset s'est fait une place de choix dans le sprint français en cassant la barrière des 48 secondes sur 100 m en finale européenne, dont il s'est classé cinquième, mercredi à Budapest, à peine plus de deux mois avant les Jeux olympiques de Tokyo.

En avalant son aller-retour en 47 sec 90, Grousset est devenu, à 21 ans, le huitième meilleur performeur français de l'histoire sur la course reine. Mieux encore, le troisième, derrière Mehdy Metella (47.65 en 2017) et Yannick Agnel (47.84 en 2012), si on met à part les performances nagées du temps des combinaisons supersoniques.

Même Florent Manaudou n'a jamais nagé aussi vite : son meilleur chrono plafonne à 47 sec 98 (en 2014).

Grousset, qui a grandi en Nouvelle-Calédonie, avant de venir s'entraîner sous la direction de Michel Chrétien à seize ans, d'abord à Amiens, puis à l'Insep, a mis un brutal coup d'accélérateur dans le bassin hongrois.

En deux jours, il a fait progresser son record personnel de plus de six dixièmes, en l'améliorant à chacune de ses 1trois courses.

Arrivé avec un chrono de référence de 48 sec 56, établi fin 2019, il l'a abaissé à 48 sec 36 en séries, puis à 48 sec 09 en demi-finales mardi. Et enfin à 47 sec 90 pour sa première finale internationale en grand bassin.

- "Pas de nulle part" -

"J'ai cassé la barrière que beaucoup, beaucoup de nageurs voudraient casser, sourit Grousset. Je le dois à cette finale vraiment relevée, ça m'a obligé à augmenter mon niveau. Je sentais que je pouvais le faire, et voilà, c'est fait !"

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Sa progression "ne vient pas de nulle part", explique le sprinter de Nouméa, d'abord plus à l'aise sur 50 m.

"En fait, j'étais plus branché 50 m parce que j'avais plus de niveau. Je me suis découvert des bonnes sensations sur 100 m, et maintenant je suis piqué", raconte-t-il.

"Dans tous mes 100 m, j'avais tendance à mettre un peu trop d'énergie sur le premier 50 m, et à complètement craquer dans les quinze derniers mètres. Et finalement, c'est là que se gagne un 100 m. Avec Michel (Chrétien), on travaille le deuxième 50 m, et le relâchement sur le premier. On répète, on répète, et ça a marché", poursuit Grousset.

Ce chrono lui ouvre grand les portes de finales de niveau mondial ou olympique. A titre de comparaison, il lui aurait permis de décrocher l'or européen en 2018, et la cinquième place mondiale en 2019.

Dans ces conditions, sa qualification pour les JO de Tokyo, conditionnée à nager la finale du 100 m en 48 sec 57 aux Championnats de France mi-juin à Chartres, ne devrait pas lui poser trop de problèmes.

- Promesses bleues -

Devant, c'est Kliment Kolesnikov, déjà titré sur 50 m dos et avec le 4x100 m messieurs russe, qui a triomphé en 47 sec 37, devant l'Italien Alessandro Miressi (47.45) et un autre Russe, Andrei Minakov (47.74).

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"Il est impressionnant. Il nous prend un par un sur nos courses respectives, et il nous fume ! C'est qu'il est talentueux ce garçon ! Il est incroyable", admire Grousset.

Incroyable mais humain malgré tout : au départ des demi-finales du 100 m dos quelques minutes plus tard, le Russe de vingt ans ne s'en est classé que dernier (54.86).

Sur cette course, les jeunes dossistes bleus Mewen Tomac (19 ans) et Yohann Ndoye Brouard (20 ans) ont esquissé de belles promesses en se hissant avec brio en finale pour leur premier championnat international en bassin de 50 m.

Le premier avec le deuxième temps et en passant pour la première fois sous les 53 sec, en 52 sec 86, record personnel amélioré de 24 centièmes. Le deuxième, lui billet olympique en poche depuis fin mars, avec le quatrième chrono, en 53 sec 01.

Charlotte Bonnet, championne d'Europe en titre, est elle au rendez-vous de la finale sur sa course de prédilection. La Niçoise de 26 ans, dont la qualification pour Tokyo passera nécessairement par Chartres, plongera jeudi soir avec le deuxième temps des demi-finales (1:57.30). Derrière la Tchèque Barbora Seemanova (1:57.20), mais devant l'Italienne Federica Pellegrini, championne olympique 2008 et quadruple championne du monde du 200 m (1:57.47).